2 novembre, 2007

Le HAUT MOYEN-AGE (XI-XIII°) : le féodalisme s’installe et avec lui les plus pauvres perdent leurs libertés.

Une qualité de vie qui se dégrade sous l’égide du seigneur local et sans alternative : la vie du peuple est rude à cette époque. Ils vivent à plusieurs dans des maisons faites de bois et de boue, les hommes dorment avec les femmes même avant le mariage car il y a peu de place. Les repas quotidiens sont composés de céréales et de légumes, la viande de porc est réservée aux jours exceptionnels.
La population est à 75% composée de serfs qui doivent travailler pour leur seigneur local en échange d’une protection. Ils doivent s’acquitter d’un certains nombre de jours de travail par an auprès de leur Lord et peuvent consacrer le reste (très peu) à la culture de leur propre terre (souvent celle du village mise en partage). Il faut savoir que les jours de repos n’existent pas à cette époque et que l’on travaille du matin au soir, tous les jours, tous les ans jusqu’à ce que le corps ne le supporte plus.
De plus, il n’existe aucune autre alternative car un serf ne peut quitter sa terre de naissance sans l’accord du roi et il vaut mieux être serf protégé que paysan isolé à cette époque.

Serfs au travail sous l'autorité de leur seigneur Serf au travail sous l’autorité d’un seigneur

La population grandissant, les disettes augmentent et conduisent les pauvres à être de plus en plus pauvres : d’après le Domesday Book, la population anglaise est de 1.5 à 2 millions en 1066 et de 4 millions en 1300. Les besoins en nourriture augmentent donc proportionnellement mais ni les techniques agraires ne s’améliorent (la productivité stagne), ni les surfaces cultivables ne s’étendent (80% des surfaces cultivées au XX° siècle le sont déjà au XI°, les volumes cultivables stagnent). Ceci conduit à des disettes récurrentes dont les plus pauvres souffrent en priorité et des augmentations significatives des prix (ex : le prix du blé double entre 1190 et 1200) pour tous (même les petits chevaliers ont du mal à payer leurs équipements et à rentabiliser leurs terres).
De plus, les systèmes d’emprunt conduisent beaucoup de petits seigneurs à la faillite et leurs terres sont finalement revendues aux enchères aux plus fortunés : les pauvres s’appauvrissent et les riches s’enrichissent. En 1290, le roi Edward I, décide de chasser les juifs d’Angleterre (c’est eux les créanciers à cette époque). Pour cela il a l’appui du peuple mais son réel soucis est que les grands vassaux deviennent de plus en plus en rachetant les terres des petits seigneurs ayant fait faillite, il faut arrêter ça sous peine de perdre de l’influence.
Enfin, il est à noter qu’avec le temps, les seigneurs préfèrent louer leurs terres et toucher une rente plutôt que gérer celles-ci et les jours d’astreinte de leurs serfs. Ceci amplifie donc le problème.

Le mouvement culturel de la Renaissance italienne commence à toucher l’Angleterre : la Renaissance Italienne du XII° siècle touche le pays par les routes commerciales. Des centres culturels et d’enseignement s’ouvrent en Angleterre : le premier à Oxford et le deuxième à Cambridge vers 1200. On y enseigne par le biais du latin car c’est la langue de la culture en Europe mais le français reste la langue des dirigeants.
Bien entendu, cet enseignement reste réservé à une élite dont les pauvres gens n’ont pas accès. On les distingue car ils parlent l’anglo-saxon uniquement.

Université d'Oxford, première université anglaise construite vers 1200Université d’Oxford, première université anglaise construite vers 1200

1 novembre, 2007

Le HAUT MOYEN-AGE (XI-XIII°) : les velléités territoriales anglaises font capituler les Gallois mais renforcent les sentiments nationaux en Irlande et en Ecosse.

A la fin du XIII° siècle, les derniers mouvements d’insurrection sont matés par le roi Edouard I ; Wales intègre le système des Counties anglais : le roi Edouard I est plus préoccupé par la stabilité de son royaume que par le fait de regagner des terres en France. En 1282, il fait capturer le dernier leader indépendantiste gallois, Llewelyn ap Gruffydd, et le tue. Le pays de Galles est alors totalement soumis à l’Angleterre, il s’intègre au système administratif anglais en 1284. De plus, comme les gallois veulent un prince, Edward I nommera son fils ainé, Edward II ; c’est à partir de cette date que la tradition voulant que le fils ainé de chaque souverain devienne prince de Galles est née.

Le roi Edouard I d'Angleterre (Edward I of England)  Le roi Edouard I d’Angleterre (Edward I of England)

Au début du XIII° siècle, Henry II veut dominer les rois irlandais-normands avec le soutient du pape mais échoue dans sa tentative : la plupart des rois qui sont en Irlande descendent des normands français et/ou des celtes, ils ne reconnaissent pas la couronne anglaise. Henry II, craignant le désordre, tente de leur faire admettre son autorité avec le soutient du pape (ce-dernier voulant mettre la main sur l’église catholique celte). Toutefois, les fréquentes augmentation de taxes/impôts liées aux guerres en Ecosse et en pays de Galles que le roi d’Angleterre impose aux Lords irlandais appauvrissent complètement le pays et conduisent les seigneurs locaux à se détacher au maximum de la couronne anglaise. Résultat, seule la région du Pale autour de Dublin reste fidèle au roi d’Angleterre ; l’Est est très indépendant avec des habitudes anglaise (sédentarisation des rois, construction de forteresses militaires pour contrôler les terres et l’ouest conserve ses habitudes tribales celtes jusqu’au XVI° siècle (nomadisme des rois et chefs de tribus). Un sentiment national voit le jour.

A la fin du XIII° siècle, la puissance des rois Ecossais fait échouer la tentative des roi Edward I et Edward II de s’emparer de l’Ecosse, le sentiment national écossais voit le jour : contrairement à l’Irlande ou au pays de Galles, l’Ecosse est forte militairement car unifiée sous un même roi. Seul le roi d’Angleterre peut espérer battre l’armée Ecossaise à cette époque. Toutefois, aucun n’a osé le faire à cette époque et il faut noter que les seigneurs écossais nourrissent de nombreux liens avec les seigneurs anglais par le jeu des mariages. Le temps ne semble donc pas être à la guerre.
En 1290, une crise voit le jour dans la succession au trône car il y a 13 candidats potentiels. Les écossais appellent le roi Edward I pour choisir entre Robert BRUCE et John DE BALLIOL. Edward I choisit John DE BALLIOL en échange de sa loyauté mais face aux années malheureuses de son règne un mouvement de résistance nait sous l’égide de William WALLACE (un chevalier écossais-normand). En 1297, Wallace est fait prisonnier par les troupes d’Edward I et sa tête, coupée, est empalée sur le London Bridge. C’est Robert BRUCE qui prendra la suite de la rébellion et, profitant de la mort de Edward I en 1307, il battra les nouvelles armées anglaises menées par Edward II en 1314.
Par ses actes, Edward I « the hammer of the scots », ne fit que de développer le sentiment national et consolider l’unité des Ecossais. William WALLACE a été le vecteur de développement de ce sentiment national écosse.

William Wallace William Wallace

Robert BRUCE Robert BRUCE

Robert BRUCE et ses armées Robert BRUCE et ses armées

31 octobre, 2007

Le HAUT MOYEN-AGE : les pouvoirs se mélangent encore, les monastères permettent d’échapper à la misère et se développent.

Classé dans : Histoire du Royaume-Uni,Le haut moyen age,Religion britannique — databaseblb @ 21:08

Le pouvoir temporel et le pouvoir spirituel se querellent pour prendre l’ascendant : la vie religieuse au XI et XII° siècle est très marquée par les luttes quotidiennes entre les papes et les rois d’Angleterre. Le pape affirme que le roi est responsable devant dieu et par conséquent que le Vatican a pouvoir sur lui ; en contrepartie le roi peut choisir ses évêques.
On retiendra l’épisode de l’assassinat de l’archevêque de Canterbury Thomas Becket en 1162 par son ami le roi Henry II.
Il est à noter que cette querelle fut beaucoup plus longue et larvée, il faut attendre encore plusieurs siècles avant que les deux protagonistes trouvent leurs places.

Le meutre de Thomas BECKET Le meutre de Thomas BECKET

L’organisation religieuse des villages dépend surtout des seigneurs locaux : les prêtres chrétiens des bourgs sont loin des préoccupations royales et pontificales. Ils sont nommés par les seigneurs locaux et l’église est souvent propriété de ce dernier car c’est lui qui l’a faite construire. Ainsi, même si l’église cherche à faire reconnaître son autorité sur les prêtres, ceux-ci restent au jour le jour plutôt dans le girond du pouvoir temporel.
Enfin, il faut noter que c’est à cette époque que l’église interdit progressivement aux prêtres de se marier.

Les monastères deviennent des lieux de refuge pour éviter la misère et des lieux de richesses : les familles pauvres ont du mal à nourrir toutes les bouches, c’est pourquoi il est devient de plus en plus d’être moine au sein des murs protecteurs d’un monastère que paysan dans les campagnes. Les monastères assurent d’être nourri tous les jours et apprennent à lire et à écrire à leurs membres. En 1066, l’Angleterre compte 1000 moines ; au début du XIV° siècle ils sont 17500.

Cathédrale de Winchester Cathédrale de Winchester

28 octobre, 2007

Le HAUT MOYEN-AGE (XI-XIII°): l’économie et le commerce restent féodaux et agraires, les bases d’une économie de marché anglaise sont nées avec les statuts protégés des villes.

Classé dans : Economie britannique,Histoire du Royaume-Uni,Le haut moyen age — databaseblb @ 19:31

Un commerce national et international basé sur une économie agraire se développe, la laine anglaise devient le poumon économique du pays : l’Angleterre à cette époque est quasi-totalement agricole, les quelques villes qui existent et produisent quelques denrées vivent surtout de l’agriculture. L’Angleterre se suffit également à elle-même pour la majeure partie des produits, toutefois il existe un commerce national où s’échangent les « spécialités » régionales et un commerce international.
Les travaux dans les champs et les ateliers sont réalisés sous la forme de corvées : le serf travail pour son maître en échange d’une protection. A cette époque, les seigneurs locaux possèdent des terres et des ateliers pour réaliser les outils dont ils ont besoin. C’est toujours une économie de subsistance ou d’autoconsommation, la majeure partie des fabrications n’a pas encore un but lucratif.
Au niveau international, le commerce est basé, pour la période avant Guillaume Le Conquérant, sur l’échange de graines avec les pays scandinaves (restes des invasions vikings) contre du poisson et du bois de construction et, pour la période après Guillaume Le Conquérant, l’Angleterre se tourne vers la France et les Low-Countries (Benelux actuel) : elle vend surtout de la laine (la qualité de laine britannique permet aux les anglais de faire monter les prix).
Il faut noter que le savoir-faire de l’Angleterre reste agraire. Autrement dit, les marchands vendent des matières premières et pas encore des produits manufacturiers : le processus de transformation de la laine en vêtements est réalisé par les industries flamandes dont Guillaume tente de faire venir des tisserands en Bretagne.

Travaux agricoles au fil des saisons, XIII° siècle Travaux agricoles au fil des saisons, XIII° siècle

Les villes se transforment en places marchandes s’extrayant du féodalisme et créent les bases d’une économie de marché en Angleterre, une nouvelle classe sociale est née celle du marchand : le féodalisme ne permet pas aux vendeurs/acheteurs de commercer librement, pour cela il faut des zones « libres » que deviennent les villes. Celles-ci cherchent à s’émanciper du régime féodale et c’est avec l’accord du roi qu’elles y arrivent (le roi a tout à y gagner car il prélève des taxes sur les échanges). Les rois anglais émettent ainsi des « Charters of Freedom » (Chartres de liberté) qu’ils vendent aux villes très chères, en contre-partie les villes ne sont plus sous l’autorité des seigneurs féodaux, peuvent lever leurs propres impôts/taxes et s’auto-contrôler grâce aux assemblées de marchands. Les villes peuvent donc développer leur économie et leur social quasi librement : une nouvelle classe sociale, celle des marchands (la middle-class), est née.
La création de Guilds et de Craft Guilds apparaît aussi. Il s’agit de groupes d’artisans et de commerçants d’une même activité qui se réunissent pour mieux défendre leurs intérêts, aujourd’hui on pourrait comparer ça au Lobby et Trade Unions. Leur pouvoir croit avec le temps et ils prennent une part très importante dans la vie économique du pays.

Représentation de marchands anglais Représentation d’un marchand voyageur anglais

Les gouvernements s’organisent face aux changement économiques, la chambre des communes est née : au XII° siècle, plus de la moitié des revenues du roi provient de ses terres, un tiers des impôts sur ses vassaux et seulement un septième des taxes. En 1300, la moitié provient des taxes, un tiers des terres royales et seulement un dixième des impôts sur les vassaux.
Les gouvernements ont compris que la richesse ne vient plus des terres et du système féodal mais essentiellement du commerce et des zones marchandes (villes). C’est pour cette raison que la chambre des communes (House of Commons) voit le jour en 1275 (cf. partie sur Organisation du pouvoir).

26 octobre, 2007

Le HAUT MOYEN-AGE (XI-XIII°) : l’histoire de l’Angleterre est marquée par l’invasion des normands français, le système féodale s’installe, création du premier acte « constituant » anglais et du parlement.

Classé dans : Histoire du Royaume-Uni,Le haut moyen age,Pouvoir et évênements — databaseblb @ 10:04

Guillaume Le Conquérant met en place le féodalisme mais conserve une administration royale centralisée de contrôle : après la défaite des anglo-saxons contre les Normans français (Normands), les terres anglaises sont partagées entre les vainqueurs. Guillaume reprend le principe du féodalisme déjà développé en France mais l’adapte de manière intelligente afin de garder la main mise sur l’Angleterre. Il installe un féodalisme modèle basé sur les principes que chaque homme a un seigneur et chaque seigneur a des terres (le vassal pouvant rester sur des terres et en profiter en échanges de services donnés à son Lord, ie : aller à la guerre).
Tout d’abord, il partage les terres anglo-saxonnes entre ses Lords en s’assurant que celles d’un même Lord sont assez éloignées les unes des autres pour ne pas qu’il puisse lever d’armée facilement contre lui.
Ensuite, il conserve l’organisation anglo-saxonnes des sheriffs (qui lui sont directement rattachés) et créée un recensement global des biens de ses terres et de celles de ses Lords, on appelle ce registre le Domesday Book. En mettant en place ce système royale de contrôle, Guillaume s’assure ainsi de toujours être au fait des affaires de son royaume en ne dépendant plus un iquement des seigneurs locaux.
Il faut aussi noter que le « gouvernement » de William The Conqueror n’a pas de lieu fixe, on dit qu’il se trouve sur « la selle du roi ». Le roi est nomade dans son royaume, il traverse ses terres toute l’année, suivi par ses fidèles et reçoit nourriture et toit de ses sujets à chaque étape (ceci est souvent cause de disettes et/ou d’augmentation des prix car l’offre des produits disponibles diminue car le cortège royale est gourmand). Winchester est le lieu où le trésor du roi est gardée jusqu’en 1290, date à laquelle il est transféré à Westminster (siège de l’actuel gouvernement britannique).
Enfin, la place de l’écrit grandit au fil des siècles : en 1050, seul le roi a un sceau pour signer les documents officiels tandis que 200 ans plus tard mêmes les pauvres en ont un. L’administration du royaume commence aussi à se faire par écrit : en 1220 le gouvernement utilise 1.5 kG de papier par semaine tandis qu’en 1260 il en utilise 14 kG.

Guillaume Le Conquérant, tapisserie de Bayeux Guillaume Le Conquérant, tapisserie de Bayeux.

Domesday Book Domesday Book Domesday Book.

Le royaume des descendants de Guillaume Le Conquérant s’agrandit pour aller de l’Ecosse aux Pyrénées, le coeur du royaume a toujours du mal à se positionner en France ou en Angleterre : à la mort de Guillaume en 1087, le royaume d’Angleterre et le duché de Normandie reviennent réciproquement à ses fils Robert et William II mais c’est finalement Henry I, le 3° fils de Guillaume, qui hérite de l’ensemble (car Robert meurt accidentellement à la chasse et William II est chassé par son frère). Henry I n’ayant pas de successeur direct, Stephen de Blois (son neveu) prendra le trône le temps jusqu’à sa mort et c’est le fils de Mathilda (soeur de Henry I) et de Geoffroy de Plantagenet, Henry II, qui lui succèdera en 1154. Grâce à cette manoeuvre, la couronne d’Angleterre rajoute à son domaine les terres des Plantagenets, c’est à dire l’Anjou et le Maine.
Le mariage de Henry II avec Eleanor d’Aquitaine permet à Henry II d’ajouter l’Aquitaine et la Gascogne à son royaume. A ce moment, Henry II possède un royaume bien supérieur à celui du roi de France (dont il est le vassal en tant que duc de Normandie) car il règne de la frontière Ecossaise aux Pyrénées avec un « coeur » (sa résidence, centre du royaume) situé en Anjou.
On remarque que l’héritage normand de Guillaume le Conquérant et les nouvelles possessions pèsent sur le choix de la couronne anglo-normande de l’époque à trouver son « coeur » ; à ce stade la notion de terres seigneuriales (titre privé) prend toujours le dessus sur la notion de nation ou d’Etat. Il est important de rappeler qu’à cette époque la notion de nation n’existe pas : les « royaumes » (l’angleterre pas exemple) sont les propriétés exclusives du roi et il n’y a rien de choquant à avoir des régions françaises et d’autres anglaise sous le même souverain ; la conception allemande de nation (entité dans laquelle les individus sont liés par une certaine culture, langue ou autre) n’est donc pas du tout respectée ni même envisagée à cette époque.

Le royaume sous Henri II Plantagenêt (1154-1189) Le royaume sous Henri II Plantagenêt (1154-1189)

Profitant d’une faiblesse du roi, les seigneurs se révoltent en 1215 en tant que classe et créent le premier acte « constituant » écrit de l’histoire du Royaume-Uni (la Magna Carta) : le nouveau roi d’Angleterre, Richard « Coeur de lion » (Richard Lionheart, 1° fils de Henry II), part en croisade en terre sainte et est fait prisonnier à son retour par le duc d’Autriche. Il meurt en 1199. Le roi de France, Philippe Auguste, profite de cette mort et de la faiblesse du successeur de Richard, son frère John (Jean sans terre), pour reprendre la plupart des terres anglaises situées en France à son compte. La cupidité du nouveau roi John (il alourdit fortement les taxes auprès des seigneurs) et sa querelle perdue face à l’église (choix du nouvel archevêque de Canterbury), conduit les seigneurs et certains marchands à se rassembler en tant que classe et à contraindre le roi John à signer la chartre Magna Carta.
La Magna Carta est le premier acte politique « constituant » écrit en Angleterre (attention car l’Angleterre n’a pas de constitution écrite comme la France par exemple, ce terme a été utilisée pour mieux éclairer le lecteur), elle contraint le pouvoir (le roi) pour la première fois à respecter certaines règles. Dans ce cas, il s’agit de ne pas attaquer les « freemens » (au dessus du serf) et de leur assurer un procès équitable en cas de différent et certains autres privilèges. C’est aussi un moment important car la relation « unitaire » entre le seigneur et son vassal est cassée pour une confrontation entre une classe d’individus et un représentant du pouvoir. Il est aussi à noter l’intervention de la classe marchande.

Photo de la Magna Carta anglaise La Magna Carta anglaise

La Magna Carta donne naissance à la chambre des Lords et les besoins d’argent du roi sont la cause de la création de la chambre des communes : les dépenses excessives du fils du roi John, Henry III, conduisent les nôbles anglais à se réunir encore une fois en tant que classe sous l’égide de Simon de Montford en 1258 pour défendre leurs intérêts. Souhaitant péréniser leur action, ils nomment leur assemblée « parliement« , capturent le trésor royale et forcent le roi à accepter leurs intentions. Cette première assemblée de Lords anglais est appelée chambre des Lords, elle fait partie du parliement, est constituée uniquement de seigneurs et a le pouvoir de définir des statuts, rédiger des lois et faire des choix politiques majeurs.
Une seconde chambre constituant le parliement est créée sous Edward I, fils de Henry III, en 1275 c’est la chambre des communes (House of commons). Vers la fin du XIII° siècle, la part des revenus royaux issus du système féodale (les terres) est tombée de 80% (en 1100) à 40%, le reste provenant des taxes. Edward I a conscience qu’il est difficile de taxer ceux qui ont l’argent de son royaume sans leur accord, c’est pourquoi il invente une chambre constituée des représentants des détenteurs de la richesse anglaise : la gentry (chevaliers et riches freemen) et les marchands des villes. Le roi peut ainsi consulter ses sujets et gagner leur accord avant de lever un nouvel impôt.
C’est le début du principe « pas de taxation sans représentation » repris par les colons américains plusieurs siècles plus tard.
Il faut noter qu’un revenu de 40 shillings par an est nécessaire pour faire parti de la chambre des communes. Autrement dit, seuls les riches marchands de la ville ou les gentlemen farmers à la campagne peuvent devenir MPs, les plus pauvres n’ont pas encore de moyen d’expression politique.

Parlement anglais du roi Edouard III en 1300 Le parlement anglais du roi Edouard III en 1300

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