27 octobre, 2007

Les celtes et les invasions anglo-saxonnes et viking (700AC – 1000) : des tribus celtes aux petits royaumes des vikings les pouvoirs sont toujours concentrés dans les mains d’un seul homme.

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 L’actuelle Grande-Bretagne est peuplée à partir de 700 AC de peuples celtes, ils s’organisent en tribus avec des chefs de guerre : issus du continent, ils ont traversé la manche pour arriver en Angleterre, point de départ à partir duquel ils se sont répandus par la suite en Pays de Galles, Ecosse et Irlande.
Ils sont appelés Bretons et leur terre est devenue la Bretagne. Ils vivent en tribus et sont techniquement plutôt avancés car ils maîtrisent le travail du fer là où leurs adversaires utilisent encore celui du bronze.
La tribu est gérée uniquement par un chef militaire, souvent le plus courageux et/ou le plus fort. La reconnaissance des chefs de tribus se fait au sein des familles. L’usage de la force étant de coutume à cette époque et il est courant de voir les décisions prises après de sanglants duels. Toutefois, l’usage d’élections est aussi possible.
Il est à noter que des femmes peuvent être chef de clan, on retiendra le nom de BOADICEA qui devenu reine à la mort de son époux en 61AC.

Carte de présence des celtes en Europe avant Jésus Christ Présence celte sur le continent européen

 Carte des tribus celtes en Angleterre Carte des différentes tribus celtes en (actuelle) Angleterre.

La conquête des terres celtes par les Romains à partir de 100 AC : les romains connaissaient déjà l’existence des îles constituant l’actuel Royaume-Uni bien avant cette date, mais l’aide que les celtes de Bretagne donnent aux celtes du continent ( dans leur lutte contre l’envahisseur romain en Gaulles) conduit l’empereur de Rome à les attaquer. L’avancée romaine s’arrêtera au Limes ou Hadrian’s wall (frontière de l’actuelle Ecosse).
Une société mixte est créée entre les romains et les celtes, celle-ci est gérée par Rome directement pour la partie sud et par des gouverneurs et la légion pour la partie nord.
En 409, les derniers soldats romains quittent l’île pour défendre l’empire continental contre les grandes invasions barbares germaniques. En 410, Rome tombe.

Empire romain et son limesEmpire romain à son apogée et son limes

Les anglo-saxons envahissent la Bretagne à partir de 430, la notion de « royaume » voit le jour : voyant dans la Bretagne une terre fertile, les peuples germaniques des Angles, des Saxons et des Jutes débarquent en 430 et chassent les bretons vers les extrémités du territoire (à l’ouest dans le pays de Galles et l’Irlande et au nord en Ecosse). Les maîtres de la Bretagne sont devenus anglo-saxons à présent ; les celtes devront se plier aux lois des nouveaux seigneurs et/ou finir esclaves.
Les Angles occupent la majeure partie du territoire, c’est de là que découle le nom d’Angleterre (« la terre des Angles »). Les saxons et les jutes sont minoritaires.
Au VIII° siècle, un seigneur du nom de OFFA de Mercia se proclame « roi d’Angleterre ». Son « royaume », qui ne correspond pas aux frontières de l’actuelle Angleterre, ne lui survivra pas. D’autres petits rois prennent le nom de roi d’Angleterre mais il faudra attendre encore plusieurs siècles avant que la notion d’Angleterre que nous connaissons aujourd’hui soit atteinte par un seigneur guerrier.

Présence des anglo-saxons Présence anglo-saxonnes en Bretagne 

Le gouvernement s’organise sous les anglo-saxons, une société de classes (inconscientes) apparaît : les anglo-saxons sont les premiers à organiser le gouvernement de la Bretagne de manière moins tribale et plus centralisée. On considère que cette organisation est celle des 500 prochaines années.
Tout d’abord, ils crééent le King’s Council appelé aussi le WITAN. Composé des guerriers les plus influents et de prêtres, il a un rôle purement consultatif mais c’est lui qui désigne le nouveau roi et approuve les lois. Autrement dit, le roi peut passer outre l’avis du Witan mais il pourra en payer les conséquences.
Puis, il y a la création de territoires administratifs appelés les shires gérés par les représentants locaux du roi les shire reeves ou « sheriffs ». Les shires sont découpés en districts à leur tour gérés par des aldermen ; au début bien qu’on les appelle des Lords ils restent de simples local officers, c’est seulement au XI° que la notion de earl (comte) nait lorsque certains Lords sont assez puissants pour défendre leur territoire. Aujourd’hui ces termes existent toujours, les aldermen sont des élus administratifs (équivalent en France à un conseiller municipal) et les earls appartiennent à la haute aristocrate britannique.

Les vikings envahissent la Bretagne à partir du VIII° siècle, leur présence légitime la conquête de l’Angleterre par Guillaume Le Conquérant : tout comme les anglo-saxons ont fait il y a 400 ans, les vikings (peuple de Norvège et du Danemark) mènent d’abord de nombreux raides avant de conquérir définitivement l’actuelle Angleterre en 865. La moitié Nord-Est, le Danelaw, est conquise par les vikings ; le sud-ouest doit son salut au roi Alfred qui est le seul à résister et à férérer les locaux en 875.
Ce découpage durera jusqu’à la reprise des hostilité par les vikings en 950. Les dirigents anglo-saxons décident alors de reverser un tribut aux agresseurs afin que ceux-ci restreignent leurs attaques, cette taxe s’appelle la Danegeld (« argent danois ») et est la première imposition régulière de l’histoire du futur Royaume-Uni. L’Angleterre n’a pas été totalement conquise par les vikings grâce aux résistances et aux arrangements financiers mais la Bretagne est devenue un patchwork tribal où la coexistence est devenue difficile.
Au XI° siècle, le Witan, devant la désorganisation des rois anglo-saxons, décide de nommer le roi viking le plus puissant à la tête de l’Angleterre ; Il s’appelle Cnut (ou Canute).
En 1066, le roi Edward décède (succeseur de Cnut anglo-saxon). Commence alors une querelle d’investiture entre Harold, un Lord puissant saxon (choisi par Edward juste avant sa mort), et Guillaume duc de Normandie (descendant francisé des vikings et aussi choisi par Edward pendant son règne). Vers la fin d’année 1066, devant la prise de pouvoir de Harold, Guillaume décide de conquérir la Bretagne et c’est le jour de noël 1066 qu’il est courroné roi d’Angleterre dans l’abbaye de Westminster.

26 octobre, 2007

Le HAUT MOYEN-AGE (XI-XIII°) : l’histoire de l’Angleterre est marquée par l’invasion des normands français, le système féodale s’installe, création du premier acte « constituant » anglais et du parlement.

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Guillaume Le Conquérant met en place le féodalisme mais conserve une administration royale centralisée de contrôle : après la défaite des anglo-saxons contre les Normans français (Normands), les terres anglaises sont partagées entre les vainqueurs. Guillaume reprend le principe du féodalisme déjà développé en France mais l’adapte de manière intelligente afin de garder la main mise sur l’Angleterre. Il installe un féodalisme modèle basé sur les principes que chaque homme a un seigneur et chaque seigneur a des terres (le vassal pouvant rester sur des terres et en profiter en échanges de services donnés à son Lord, ie : aller à la guerre).
Tout d’abord, il partage les terres anglo-saxonnes entre ses Lords en s’assurant que celles d’un même Lord sont assez éloignées les unes des autres pour ne pas qu’il puisse lever d’armée facilement contre lui.
Ensuite, il conserve l’organisation anglo-saxonnes des sheriffs (qui lui sont directement rattachés) et créée un recensement global des biens de ses terres et de celles de ses Lords, on appelle ce registre le Domesday Book. En mettant en place ce système royale de contrôle, Guillaume s’assure ainsi de toujours être au fait des affaires de son royaume en ne dépendant plus un iquement des seigneurs locaux.
Il faut aussi noter que le « gouvernement » de William The Conqueror n’a pas de lieu fixe, on dit qu’il se trouve sur « la selle du roi ». Le roi est nomade dans son royaume, il traverse ses terres toute l’année, suivi par ses fidèles et reçoit nourriture et toit de ses sujets à chaque étape (ceci est souvent cause de disettes et/ou d’augmentation des prix car l’offre des produits disponibles diminue car le cortège royale est gourmand). Winchester est le lieu où le trésor du roi est gardée jusqu’en 1290, date à laquelle il est transféré à Westminster (siège de l’actuel gouvernement britannique).
Enfin, la place de l’écrit grandit au fil des siècles : en 1050, seul le roi a un sceau pour signer les documents officiels tandis que 200 ans plus tard mêmes les pauvres en ont un. L’administration du royaume commence aussi à se faire par écrit : en 1220 le gouvernement utilise 1.5 kG de papier par semaine tandis qu’en 1260 il en utilise 14 kG.

Guillaume Le Conquérant, tapisserie de Bayeux Guillaume Le Conquérant, tapisserie de Bayeux.

Domesday Book Domesday Book Domesday Book.

Le royaume des descendants de Guillaume Le Conquérant s’agrandit pour aller de l’Ecosse aux Pyrénées, le coeur du royaume a toujours du mal à se positionner en France ou en Angleterre : à la mort de Guillaume en 1087, le royaume d’Angleterre et le duché de Normandie reviennent réciproquement à ses fils Robert et William II mais c’est finalement Henry I, le 3° fils de Guillaume, qui hérite de l’ensemble (car Robert meurt accidentellement à la chasse et William II est chassé par son frère). Henry I n’ayant pas de successeur direct, Stephen de Blois (son neveu) prendra le trône le temps jusqu’à sa mort et c’est le fils de Mathilda (soeur de Henry I) et de Geoffroy de Plantagenet, Henry II, qui lui succèdera en 1154. Grâce à cette manoeuvre, la couronne d’Angleterre rajoute à son domaine les terres des Plantagenets, c’est à dire l’Anjou et le Maine.
Le mariage de Henry II avec Eleanor d’Aquitaine permet à Henry II d’ajouter l’Aquitaine et la Gascogne à son royaume. A ce moment, Henry II possède un royaume bien supérieur à celui du roi de France (dont il est le vassal en tant que duc de Normandie) car il règne de la frontière Ecossaise aux Pyrénées avec un « coeur » (sa résidence, centre du royaume) situé en Anjou.
On remarque que l’héritage normand de Guillaume le Conquérant et les nouvelles possessions pèsent sur le choix de la couronne anglo-normande de l’époque à trouver son « coeur » ; à ce stade la notion de terres seigneuriales (titre privé) prend toujours le dessus sur la notion de nation ou d’Etat. Il est important de rappeler qu’à cette époque la notion de nation n’existe pas : les « royaumes » (l’angleterre pas exemple) sont les propriétés exclusives du roi et il n’y a rien de choquant à avoir des régions françaises et d’autres anglaise sous le même souverain ; la conception allemande de nation (entité dans laquelle les individus sont liés par une certaine culture, langue ou autre) n’est donc pas du tout respectée ni même envisagée à cette époque.

Le royaume sous Henri II Plantagenêt (1154-1189) Le royaume sous Henri II Plantagenêt (1154-1189)

Profitant d’une faiblesse du roi, les seigneurs se révoltent en 1215 en tant que classe et créent le premier acte « constituant » écrit de l’histoire du Royaume-Uni (la Magna Carta) : le nouveau roi d’Angleterre, Richard « Coeur de lion » (Richard Lionheart, 1° fils de Henry II), part en croisade en terre sainte et est fait prisonnier à son retour par le duc d’Autriche. Il meurt en 1199. Le roi de France, Philippe Auguste, profite de cette mort et de la faiblesse du successeur de Richard, son frère John (Jean sans terre), pour reprendre la plupart des terres anglaises situées en France à son compte. La cupidité du nouveau roi John (il alourdit fortement les taxes auprès des seigneurs) et sa querelle perdue face à l’église (choix du nouvel archevêque de Canterbury), conduit les seigneurs et certains marchands à se rassembler en tant que classe et à contraindre le roi John à signer la chartre Magna Carta.
La Magna Carta est le premier acte politique « constituant » écrit en Angleterre (attention car l’Angleterre n’a pas de constitution écrite comme la France par exemple, ce terme a été utilisée pour mieux éclairer le lecteur), elle contraint le pouvoir (le roi) pour la première fois à respecter certaines règles. Dans ce cas, il s’agit de ne pas attaquer les « freemens » (au dessus du serf) et de leur assurer un procès équitable en cas de différent et certains autres privilèges. C’est aussi un moment important car la relation « unitaire » entre le seigneur et son vassal est cassée pour une confrontation entre une classe d’individus et un représentant du pouvoir. Il est aussi à noter l’intervention de la classe marchande.

Photo de la Magna Carta anglaise La Magna Carta anglaise

La Magna Carta donne naissance à la chambre des Lords et les besoins d’argent du roi sont la cause de la création de la chambre des communes : les dépenses excessives du fils du roi John, Henry III, conduisent les nôbles anglais à se réunir encore une fois en tant que classe sous l’égide de Simon de Montford en 1258 pour défendre leurs intérêts. Souhaitant péréniser leur action, ils nomment leur assemblée « parliement« , capturent le trésor royale et forcent le roi à accepter leurs intentions. Cette première assemblée de Lords anglais est appelée chambre des Lords, elle fait partie du parliement, est constituée uniquement de seigneurs et a le pouvoir de définir des statuts, rédiger des lois et faire des choix politiques majeurs.
Une seconde chambre constituant le parliement est créée sous Edward I, fils de Henry III, en 1275 c’est la chambre des communes (House of commons). Vers la fin du XIII° siècle, la part des revenus royaux issus du système féodale (les terres) est tombée de 80% (en 1100) à 40%, le reste provenant des taxes. Edward I a conscience qu’il est difficile de taxer ceux qui ont l’argent de son royaume sans leur accord, c’est pourquoi il invente une chambre constituée des représentants des détenteurs de la richesse anglaise : la gentry (chevaliers et riches freemen) et les marchands des villes. Le roi peut ainsi consulter ses sujets et gagner leur accord avant de lever un nouvel impôt.
C’est le début du principe « pas de taxation sans représentation » repris par les colons américains plusieurs siècles plus tard.
Il faut noter qu’un revenu de 40 shillings par an est nécessaire pour faire parti de la chambre des communes. Autrement dit, seuls les riches marchands de la ville ou les gentlemen farmers à la campagne peuvent devenir MPs, les plus pauvres n’ont pas encore de moyen d’expression politique.

Parlement anglais du roi Edouard III en 1300 Le parlement anglais du roi Edouard III en 1300

25 octobre, 2007

Le BAS MOYEN-AGE (XIV et XV°) : le pouvoir de la classe aristocratique et le féodalisme diminuent, le pouvoir du parlement progresse encore, c’est la période des grands malheurs dans l’histoire de l’Angleterre, la puissance anglaise s’éffondre.

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Après une menace de ses activités commerciales, l’Angleterre débute la guerre de cent ans contre la France et l’Ecosse : après avoir perdu une grande partie de ses territoires en France sous le roi John (Jean sans Terre), l’Angleterre voit ses activités commerciales menacées par le roi de France en Gascogne (car elle possède encore cette région ainsi que l’Aquitaine) et en Flandre (principale zone d’exportation de la laine, région détenue par le duc de Bourgogne que le roi de France essaie d’intimider).
Edward III déclare la guerre à la France en 1337, usant d’une querelle d’investiture et prétextant qu’il est l’héritier de la couronne de France, mais aussi à l’Ecosse (l’Ecosse est l’allier fidèle de la France depuis que la couronne anglaise menace son territoire, c’est la « Auld [old] Alliance »). Cette attaque contre l’Ecosse n’est pas pour déplaire au roi anglais car après la défaite face aux écossais de Robert BRUCE il lui était très difficile de convaincre les riches marchands (nouveaux détenteurs des richesses) de subventionner ses guerres, en revanche avec la menaces françaises sur leurs intérêts commerciaux la donne a changé.
L’Angleterre rencontrera de grandes victoires au début, celle de Crécy en 1346 et celle de Poitiers en 1356, qui lui permettront de récupérer les terres perdues sous le roi John. Toutefois, bien qu’ayant capturé le roi français Jean II le Bon à Poitiers et ayant signé un traité de paix à Brétigny en 1360, la France recommence la guerre quelques années plus tard avec Charles V Le Sage et le connétable Bertrand Du Gueslin. Les multiples efforts de guerres tous azimuts (notamment au nord contre les Ecossais en 1346) fatiguent les armées anglaises et celles-ci perdent progressivement tous les territoires français à l’exception de Calais.
En 1415, Henry V profite du calme dont l’Angleterre bénéficie depuis plusieurs années et des querelles entre nobles français concernant le remplacement de leur roi fou pour recommencer la guerre. Une fois encore le duc de Bourgogne se range du côté des anglais et leurs techniques militaires mettent à genou les armées français à Agincourt pourtant trois fois supérieures numériquement. En 1420, Henry V a écrasé les armées françaises, reconquis toutes les possessions anglaises perdues le siècle passé et est fait héritier du trône français en épousant Katherine de Valois, la soeur du roi (pour ces faits, Henry V est considéré comme l’un des meilleurs roi de l’histoire du pays). Le destin de la France semble alors être scellé.
Mais en 1422, Henry V meurt et son successeur est trop jeune pour régner, il n’a que 19 mois. Les français sont pris d’un sentiment national poussé par une paysanne inconnue du nom de Jeanne d’Arc, ils profitent du contexte et reprennent une par une les régions perdues. En 1453, toute la France à l’exception de Calais est revenue aux mains du roi de France. Economiquement c’est une catastrophe car les routes commerciales vers le sud de la France sont fermées ainsi que celles vers les pays-bas car la Bourgogne s’est rangée du côté de la France.

Carte de la guerre de cent ans Carte de la guerre de cent ans

Le roi Henry V d'Angleterre Le roi Henry V d’Angleterre

Jeanne d'Arc Jeanne d’Arc

L’épidémie de peste noire décime la moitié de la population : une terrible épidémie de peste noire venue d’Asie par les routes commerciales touche toute l’Europe au milieu du XIV° siècle. L’Angleterre n’est pas épargnée et paye un lourd tribut, l’épidémie l’atteint en 1348-1349 : en 1300 le Domesday Book comptait environ 4 millions de personnes, après l’épidémie il n’y en avait plus que 2 millions. Certains villages ont été supprimés des cartes et plusieurs villes se sont vues vidées de leur population le temps de passage de la peste noire. La population anglaise n’a recommencé à augmenter qu’au milieu du XV° siècle, soit un siècle plus tard.

Peste noire La peste noire en France.

Carte de la diffusion de la peste noire en Europe Carte de diffusion de la peste noire en Europe au XIV° sièce.

La guerre des roses ou la fin de la classe des nobles anglais, les Tudors installent une nouvelle gouvernance : comme dans le reste de l’Europe, les luttes intestines entre nobles et rois sont fréquentes. Les rois anglais doivent souvent se battre contre les nobles de leur royaume pour conserver leur titre mais en Angleterre les luttes sont plus rudes qu’ailleurs et durant le bas moyen-âge deux rois (Edward II en 1327 et Richard II en 1399) sont déposés et même tués par des seigneurs puissants.
Ces luttes internes à l’Angleterre trouveront leur apogée avec la guerre des roses vers le milieu du XV° siècle durant laquelle deux clans de nobles s’opposeront pour le pouvoir : ceux fidèles à la maison de Lancaster (alliée du roi, symbolisée par une rose rouge) et ceux fidèles à la maison de York (alliée du nouveau prétendant, symbolisée par une rose blanche). En effet, après avoir perdu la guerre de cent ans contre la France, les anglais accusent le coup et se posent la question de la gouvernance du royaume car le roi actuel, Henry VI, n’est pas un guerrier et semble fou. Le duc de York et ses alliés se souviennent alors que le grand-père de Henry VI, Henry IV, avait pris le trône de force après que le roi Richard II ait été déposé en 1399 sans descendant direct. Pour eux, cette investiture est illégitime car, même si Henry IV était le noble le plus puissant de l’époque, l’ancêtre du duc de York (le comte de March) était le successeur légale de Richard II. En 1460, la maison de York réclame le trône et s’oppose à la maison des Lancaster dont descend Henry VI. En 1461, après la mort du duc de York, son fils, Edward IV gagne la bataille et fait prisonnier Henry VI à la prison de Londres. A la mort d’Edward IV en 1483, son oncle, le duc Richard de Gloucester, fait emprisonner et assassiner ses deux fils pour prendre le pouvoir sous le surnom de Richard III. Mais ni la maison des Lancaster, ni celle de York n’aime ce nouveau roi et se rallient finalement à un inconnu en 1485 : Henry TUDOR, duc de Richmond et demi-gallois. En très peu de temps, il fait basculer la moitié de l’armée de Richard III dans son camps et le dépose. Henry TUDOR, ou Henry VII, devient roi d’Angleterre en 1485.
Cet épisode de l’histoire d’Angleterre sonne le glas de l’aristocratie anglaise car plus de la moitié de 60 familles nobles qui composent le royaume s’est entre-tuée pendant cette guerre. La voix est dorénavant libre au nouveau roi Henry VII pour entreprendre des réformes du pouvoir.

Guerre des roses La guerre des roses

Le roi doit justifier ses dépenses devant le parlement : le pouvoir grandissant de la classe nouvelle lui donne confiance en elle. Lorsque qu’Edward III demande au parlement la mise en place d’une taxe supplémentaire, la chambre des communes profite de l’occasion pour exiger du roi que celui-ci présente ses comptes s’il souhaite voir sa demande exhaussée. A dater de ce jour, le roi devient « auditable fincaièrement » par le parlement et doit justifier ses dépenses.

La justice s’organise autour des JPs : les rois font de moins en moins confiance aux seigneurs depuis le XII° siècle, Edward III fonde en 1360 les justices of peace alias JPs. Ce sont des membres de la gentry anglaise qui ont la charge de prendre des décisions de justice concernant tous les petits délits et crimes dans les campagnes.
Encore une fois, le pouvoir qui était aux mains de l’aristocratie (dans ce cas le pouvoir judiciaire) passe dans celui de la classe moyenne. A ce jour, les JPs existent toujours mais pour des problèmes de très petites envergures.

24 octobre, 2007

Les TUDORDS (1485 – 1605) : la puissance anglaise reprend forme avec Henry VII, Henry VIII mène la réforme religieuse et Elisabeth I développe le commerce et l’empire colonial.

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Henry VII prend le parti des marchands et prépare l’Angleterre à être une grande puissance économique : lorsque la guerre des roses s’arrête enfin en 1485 et que Henry TUDOR est fait roi la noblesse anglaise a perdu toute sa puissance. En effet, toutes les terres des nobles morts au combat reviennent par tradition au roi ce qui confère à Henry VII le plus grand domaine d’Angleterre, il en profite pour interdire de créer quelque armée que ce soit à l’exception de la sienne.
Il comprend vite que les guerres et le luxe sont néfastes pour le commerce et que le commerce est bon pour la couronne et le royaume. Il décide de prendre le parti des marchands et mène une gouvernance sage d’indépendance financière de la couronne et de développement commercial de l’Angleterre basés sur le développement de la flotte commerciale britannique, le remplacement des sentences par des amendes (pour renflouer les caisses de l’Etat) et la préservation du trésor royal (plus aucune dépense inutile). A la fin de son règne, Henry VII a réussi à relancer les routes commerciales vers l’Europe qui avait été stoppées avec la perte de la guerre de cent ans, à accumuler un trésor de £ 2 000 000, soit 15 ans de revenus, et à créer une nouvelle « noblesse » : les bourgeois.

Le roi Henry VII d'Angleterre Le roi Henry VII d’Angleterre

Henry III, un roi avide qui entreprendra la Réforme religieuse du pays, l’Anglicanisme, et créera une crise économique : le fils de Henry VII, Henry VII, beaucoup plus connu que son père, n’a jamais réussi à atteindre les performances économiques ou de gouvernance de celui-ci : avide de luxe et de grandeur, il passe son temps à essayer de jouer l’arbitre entre une France et une Espagne réunie avec le Saint Empire Romain qui sont devenues beaucoup plus puissante que l’Angleterre.
On retiendra de son règne la Réforme de l’Eglise britannique (cf. parie sur la religion) et la dévaluation de la monnaie anglaise qui conduira à une grave crise économique (cf. partie sur l’économie).

Le roi Henry VIII d'Angleterre Le roi Henry VIII d’Angleterre 

La machine d’Etat intègre l’Eglise dans son organisation, le découpage religieux remplace en partie l’administratif d’avant : Elisabeth I, demi-soeur de Mary et protestante, prend la tête du royaume car il n’y a plus d’autre descendant des Tudors en 1558. Elle veut faire se réconcilier les anglais entre eux sur l’épineuse question religieuse (l’Europe voit émerger le protestantisme, les guerres civiles sont fréquentes) et réussit en 1559 à faire admettre les protestants à deux conditions : (1) que ceux-ci restent plus proches des catholiques du royaume que des autres protestants du continents, (2) que le monarque reste le seul maître de l’Eglise (Henry VIII n’était pas allé jusqu’à cet extrême).
Elisabeth I entreprendra de multiples réformes comme l’utilisation des parishs (organisation territoriale de l’Eglise) comme découpage administratif du royaume, l’obligation d’aller à l’Eglise tous les dimanches sous peine de sanction et enfin la ré-écriture des sermons de messe considérant l’attaque au roi comme un pêchet. Ainsi, l’Eglise et ses représentants font maintenant entièrement parti de la machinerie d’Etat, pouvoir et religion sont confondus.

La reine Elisabeth I d'Angleterre La reine Elisabeth I d’Angleterre

Le parlement souvent évité par les monarques Tudors, son rôle et son organisation évoluent à son avantage : sous les Tudors, le parlement se réunit peu (de deux fois par an à une fois tous les 6 ans), Elisabeth I dira d’ailleurs que trois rencontres avec le parlement sont assez pour tout son règne. Les sujets sont laissés à l’initiative du roi jusqu’à la fin du XVI° siècle mais ensuite les MPs prendront confiance et proposeront leurs propres sujets. Le domaine de compétence du parlement s’étale sur trois sujets : (1) le vote des taxes, (2) la réalisation des lois demandées par la couronne et (3) le conseil auprès du roi. Le speaker mène la séance et fait respecter l’ordre, aujourd’hui ce poste existe toujours.
Le système de représentation prend 2 MPs par county et 2 MPs par borough dans les villes. Sous les Tudors, le parlement double de taille car il faut intégrer le pays de Galles et les nouveaux boroughs (causé par un redécoupage administratif). Les MPs ont un statut particulier : ils sont protégés (ils ont le droit de parler librement sans risquer d’être arrêtés et ont le droit de se réunir et de rencontrer le roi).
Le pouvoir du parlement grandit au fur et à mesure que les rois demandent aux MPs des accords de budget et, même si certains monarques comme Elisabeth I essayent de contourner le système en faisant rentrer de l’argent par des moyens détournés comme la vente des monopolies, le parlement devient un organe incontournable du pouvoir.

La fin des Tudors, les Stuarts prennent le pouvoir : à cette époque, la position de la reine Elisabteh I est difficile car si elle se marrie à un grand seigneur anglais elle doit se plier à l’autorité masculine de quelqu’un de rang inférieur et si elle se marrie avec un roi étranger alors le royaume passerait dans les mains d’une puissance étrangère. C’est pourquoi elle ne se marrie et n’a pas de descendant.
Après sa mort, c’est James VI of Scotland qui prend le contrôle de la couronne anglaise car c’est lui le plus proche parent (cf. partie Wales, Scotland et Irelande).

23 octobre, 2007

Les STUARTS (1605 – 1700) : la monarchie anglaise est mise à mal par le parlement, deux rois sont déposés par les MPs, la tentative de République échoue, c’est le siècle des révolutions politiques.

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Guerre civile en Angleterre, les partisans du parlement affrontent ceux de la couronne, Charles I est destitué en 1645 : les Tudors sont réputés pour avoir gouverné en évitant le parlement au maximum, les Stuarts font de même. James I of England (ou James VI of Scotland, cf. Partie sur Wales, Scotland et Irlande) pense que le roi tient son pouvoir de dieu en personne, c’est un être choisi. Ainsi James I et son fils, Charles I, ne voient pas pourquoi ils devraient se justifier devant un parlement et rassemblent le pouvoir autour d’eux et de quelques conseillers (des ministres).
Sir Edward Coke, ancien ministre d’Elisabeth I et premier ministre de James I of England, mène une ligue contre la royauté en affirmant le premier que le roi n’est pas au-dessus de la loi et que seul le parlement peut promulguer des lois par des Acts of Parliament. Il sera remercié par James I mais continuera son combat en tant que MP.
En 1628, Charles I a besoin d’argent et ses précédentes manoeuvres ne suffisent plus à éviter une rencontre avec le parlement (vente de biens, dissolution des parlements contestataires, etc.), il réunit la chambre des communes après des années de conflits avec elle et lâche certains droits au parlement contre une levée d’impôts : il accepte que le parlement contrôle intégralement le budget national et que ce dernier émette les lois (qui auparavant étaient issues de la couronne et non du parlement). C’est la Petition of Rights.
En 1641, les troubles en Irlande sèment un vent de discorde entre le parlement et le roi Charles I : les révoltes en Ulser conduisent les anglais a devoir lever une armée pour rétablir l’ordre mais le roi et le parlement se disputent sa direction car les MPs pensent que le monarque l’utilisera à terme pour dissoudre le parlement. De plus, les revendications des insurgés irlandais vont à l’encontre de la classe dirigeante protestante (essentiellement les MPs) et l’obédience catholique de Charles I connue de tous ne fait qu’augmenter l’intensité du conflit. En 1642, la tentative de Charles I de faire arrêter 5 députés conduit la ville de Londres a fermer ses portes et à se rebeller. Le pays rentre dans une guerre civile entre les partisans du roi (les royalistes ou les cavaliers) situés au nord et l’ouest et les partisans du parlement situés au sud et à l’est (les Roundheads). La guerre prendra fin en 1645 avec la défaite des armées royalistes à court d’argent (les détendeurs de la richesse étant les riches marchands soutenant le parlement). Ainsi, bien que cet affrontement est qualifié de guerre civile et est fondamental dans l’organisation future du pouvoir en Angleterre, il faut noter que seul 10% de la population fut concerné.
En 1649, sous la contrainte de l’armée, les MPs condannent le roi coupable de « guerre contre le royaume et le parlement » et le font exécuter le 31 janvier. Oliver CROWMELL, un des plus puissants chefs de l’armée parlementaire prend le pouvoir et fait naitre la République.

Edward Coke Edward Coke, le premier parlementaire qui lutte contre le pouvoir de la royauté

Carte de la guerre civile entre partisans du parlement et partisans du roi Carte de la guerre civile anglaise entre partisans du parlement et partisans du roi

Gravure de l'execution de Charles I Gravure de l’éxecution de Charles I en 1649 

Les échecs de la République anglaise, 1649-1660 : fort de son armée privée et de sa position à la fin du conflit entre le parlement et le roi, Cromwell prend la tête de la République en 1649 sous le titre de Lord Protecteur. C’est un gentleman farmer puritain qui gouverne le pays sans tenir compte de la chambre des Lords et de l’Eglise anglicane.
Pendant The Protectorate, le nom donné à la période gérée par l’administration républicaine, l’armée détient la plus grosse part du pouvoir, Cromwell fait même preuve de plus d’autorité que les rois précédents et se fait craindre de ses contemporains. A titre d’exemple, il est interdit de fêter Noël, Pâques ou de jouer le dimanche. De plus, les représailles contre l’Ecosse (pour avoir accueilli le fils de Charles I) et l’Irlande (pour avoir tuer des protestants en 1641) sont terribles (cf. partie sur Wales, Scotland et Irlande).
Des courants pacifiques religieux apparaissent de plus en plus (même au sein de l’armée) : Les Levellers, par exemple, demandent que les hommes soient égaux, que le parlement se réunisse tous les deux ans et que la seule règle pour devenir MP soit l’âge. Toutefois, la ligne directrice des hommes de Cromwell reste ferme et rien ne change. Aujourd’hui ces revendications semblent légitimes mais au XVII° siècle elles sont très avant-gardistes.
En 1658, Cromwell meurt et le peuple, fatigué des années difficiles de la République, préfère revenir à une monarchie. Le parlement demande à Charles II (le fils de Charles I) de reprendre les commandes de l’Angleterre.

Portrait de Oliver Cromwell Portrait de Oliver Cromwell

Pièce de monnaie de la république anglaise Pièce de monnaie de la République anglaise 

Un nouveau roi, James II, est destitué car ses agissements déplaisent au parlement, passage à la dynastie d’Orange, naissance des partis Whigs et Tories : les agissements de Charles II agacent les MPs car il apprécie particulièrement le catholicisme et souhaite faire revenir celui-ci en Angleterre (le catholicisme va de paire avec l’absolutisme du monarque dont Charles II admire l’exemple français). Les conséquences de ce souhait seront double : (1) le parlement va protéger le royaume en passant en 1673 le Test Act (loi qui interdit à un catholique de prendre une fonction publique) et (2) les MPs vont se regrouper en fonction de leur « fidélité » au roi. Les partis Tories et Whigs sont crées : les Tories correspondent au parti royaliste, plutôt fervents du pouvoir de la couronne et de l’Eglise (les ancêtres des conservateurs d’aujourd’hui, on y trouve plutôt les chevaliers, seigneurs, la petite noblesse, etc.) ; les Whigs sont opposés à une monarchie absolue et préfèrent la liberté religieuse, pour eux le pouvoir est plutôt parlementaire (ceux sont les ancêtres des libéraux actuels, on y trouve plutôt les marchands, les industriels, etc.).
En 1685, James II, le frère de Charles II, a tout le parlement contre lui (même les Tories) car il souhaite retirer la loi interdisant aux catholiques de tenir des fonctions publiques, il veut aussi rassembler les puritains et les catholiques sous la bannière des non-conformistes et, enfin, il fait révoquer les trois quarts des JPs en fonction (autrement dit la petite noblesse locale représentée par les Tories). Sa volonté est claire (copier le modèle français du monarque absolu en passant par le catholicisme) mais celle du parlement est plus forte. En 1688, le parlement invite William of Orange (Guillaume d’Orange ou Guillaume III de Nassau ou Guillaume III d’Angleterre), dirigeant protestant des Pays-bas, a envahir l’Angleterre et à prendre le pouvoir, c’est The Glorius Revolution. James II part se réfugier en Irlande.
Ce qui est à noter est que le nouveau roi, William III of England (en co-reigne avec Mary II Stuart), n’a pas été légitimé par héritage mais par choix du parlement : James II a été chassé de son royaume par son propre peuple sous le motif que « le contrat entre le roi et le peuple a été rompu ». Ainsi, l’idée de contrat entre un dirigeant et son peuple est né an Angleterre, le dirigeant doit avoir le consentement des individus pour agir. Le parlement a maintenant plus de pouvoir que le roi et ceci est écrit dans le Bill of Rights en 1689. En 1701, l’Act of Settlement impose que seul un protestant peut hériter du trône.

Guillaume d'Orange, époux de Marie II devient le roi Guillaume III. Guillaume d’Orange, époux de Marie II, devient le roi Guillaume III.

La reine Marie II (Mary II) d'Angleterre La reine Marie II (Mary II) d’Angleterre

La place du royaume d’Angleterre grandit en Europe, il passe de puissance de 2° rang à celle de grande puissance au début du XVIII° siècle : quand les Stuarts arrivent à la tête du royaume l’Angleterre n’est qu’une petite puissance comparée à la France ou à l’Espagne, même la Hollande est une puissance commerciale prédominante face à lui. Cependant, les victoires militaires contre l’Armada Espagnoles en 1588 ou contre la France de Louis XIV à la fin du XVII° siècle (Blenheim, Ramillies, Oudenarde et Malplaquet) , l’expansion économique coloniale lancée sous les Tudors (cf. partie Economie) et l’agrandissement du royaume avec l’Ecosse (cf. partie Wales, Scotland et Ireland) permettent à la Grande-Bretagne de revenir au premier rang des puissances européennes. Les anglais prennent confiance en eux.

22 octobre, 2007

Le XVIII° siècle : début de l’histoire du Royaume-Uni, les politiciens prennent le pouvoir à la place du roi, naissance de la liberté individuelle et de l’opinion publique.

Création de l’Acte d’Union (The Acts of Union) : en en 1706 et 1707, deux actes sont promulgués par les parlementaires écossais et anglais portant sur l’association des royaumes d’Écosse et d’Angleterre qui deviennent ensemble le royaume de Grande-Bretagne. Cela se solde donc par la dissolution des parlements respectifs de l’Angleterre et de l’Écosse au profit de la création d’un parlement commun, le parlement du Royaume de Grande-Bretagne. Cet acte a été conçu pour éviter une séparation des deux royaumes au décès de la Reine Anne (descendante de Mary II Stuart, survenu en 1714).
Pour information, le Royaume-Uni recouvre l’Angleterre, l’Ecosse, le pays de Galles et l’Irlande. A ne pas confondre avec la Grande-Bretagne qui contient uniquement l’Angleterre, l’Ecosse et le pays de Galles.

Drapeau anglais et britannique Constitution du drapeau du Royaume-Uni

Les ministres prennent le pouvoir, Robert WALPOLE dirige le royaume à la place du roi : avec la mort de la Reine Anne, les Tories tentent un coup d’état pour destituer le nouveau roi Georges I (cousin de Anne, dynastie allemande de Hanovre) et remettre le fils de James II, James III, sur le trône. Cette tentative échoue et les Tories, allias les Jacobits, sont temporairement éloignées du pouvoir.
Georges I n’est pas de culture britannique, s’intéresse peu à son nouveau royaume et ne parle pas la langue du pays, c’est pourquoi il confie le pouvoir à des ministres Whigs dont Robert WALPOLE sera le plus important, il est en quelque sorte le premier « premier ministre » britannique. Il met en place le concept de cabinet constitué de plusieurs ministres, le cabinet est collectivement responsable devant le peuple (si un ministre n’est pas d’accord alors il doit démissionner).
A cette époque la monarchie anglaise est de plus en plus limitée dans ses agissements comparée aux autres souverains européens par les acts of parliement : le roi ne peut être catholique, il ne peut supprimer ou modifier une loi seul et il est dépendant du parlement sur les questions financières et militaires.

Sir Robert Walpole, premier ministre Sir Robert Walpole, premier ministre

Un parlement toujours pas représentatif du peuple, John WILKES se fait le défenseur de la liberté individuelle : au XVIII° siècle le suffrage pour désigner les parlementaires est censitaire, on dénombre seulement 250000 votants pour une population totale de 8 millions d’individus. De plus, dans les counties, une majeure partie des MPs est composée d’exploitants agricoles louant les terres d’un seigneur local ce qui tend à en faire des hommes de paille des grosses fortunes. Enfin, le vote des MPs se faisant à main levée. Inutile de préciser que le parlement n’est absolument pas démocratique à cette époque en Grande-Bretagne.
Toutefois, un MP, John WILKES, pense que la politique doit être débattue librement par tous et se fait le leader d’un mouvement de défense de liberté individuelle malgré lui : en 1763 il publie dans son journal The North Briton une attaque directe contre le roi et son gouvernement qui le conduit à être arrêté puis jugé. Il sera libéré par le juge pour le motif que « la politique publique n’a pas sa place dans un tribunal », autrement dit que l’on ne peut arrêter quelqu’un pour des idées émises publiquement. Cette décision est importante car elle souligne que le gouvernement n’est pas au-dessus des lois et que les libertés individuelles sont plus importantes que les intérêts de l’Etat.

John Wilkes, icône de la défense de liberté individuelle en Angleterre John Wilkes, icône de la défense de la liberté individuelle en Angleterre

Naissance de l’opinion publique : entre 1750 et 1770 le nombre de journaux s’est envolé. Même si beaucoup de lecteurs ne peuvent voter (prêtres, compagnons, ouvriers qualifiés, petits commerçants, etc.) ils souhaitent se tenir de plus en plus informés des idées nouvelles et des actualités. Les lieux de discussions s’ouvrent à des questions anciennement tabous comme « quand un homme est-il considéré comme libre ? » ou « le vote secret est-il nécessaire à la liberté politique ».
De plus, la victoire de Wilkes face au roi et à son gouvernement fait prendre conscience aux anglais que le parlement ne les représente pas et que les libertés individuelles ne sont pas forcément assurées.
De tout cela d’écoule qu’il faut organiser des activités politique hors du parlement et permettre aux journalistes d’écouter et de retranscrire les séances du parlement dans la presse. L’opinion publique est en train de naître.

La Boston Tea Party ou le principe de « No taxation without representation », des MPs britanniques soutiennent le droit d’individus de choisir librement leur destin : la population coloniale est passée de 200’000 en 1700 à 2.5 millions 70 ans plus tard. Les colons souhaitent avoir plus de liberté mais la couronne les considère comme des sujets de sa majesté comme les autres se qui est souvent sources de tension (ils ne sont pas représentés au parlement en plus). La crise est à son apogée en 1773 lorsqu’un groupe de colons refuse de payer une taxe sur le thé dans le port de Boston et préfère jeter la cargaison à la mer. La Grande-Bretagne décide de fermer le port mais un soulèvement conduit le gouvernement anglais à faire le choix d’y mettre fin par la force. La guerre d’indépendance américaine vient de commencer.
Politiquement cette révolte est importante car elle reprend le principe déjà entendu de « no taxation without representation » mais elle divise aussi la Grande-Bretagne et on voit apparaître des leaders comme Edmund Burke et Tom Paine qui soutiennent le fait que sujets du roi puissent vouloir s’autogouverner librement. cet acte repose aussi la question de la toute-puissance du gouvernement et de la place du parlement dans la prise de décision.

Boston Tea Party de 1773 Boston Tea Party de 1773

Edmund Burke, partisan de la self-gouvernance des colons américains Edmund Burke, partisan de la self-gouvernance des colons américains

Tom Paine, partisan de la self-gouvernance des colons américains Tom Paine, partisan de la self-gouvernance des colons américains

Le gouvernement anglais et les middle-class craignent la Révolution Française, la guerre contre Napoléon est inévitable : la révolution française de la fin du XVIII° siècle est initiée par la bourgeoisie puis reprise par les plus pauvres car le poids de l’autorité aristocratique est trop importante. Le cas de la Grande-Bretagne est quelque peu différent car la middle-class agit déjà librement depuis des décennies (voire des siècles par le biais de la chambre des communes) et craint que les idées révolutionnaires françaises polluent les classes les plus pauvres ; en d’autres mots, les middle-class sont du côté des classes dirigeantes en Angleterre alors qu’en France elles sont les initiatrices des révoltes.
Les parlementaires sont partagés sur la conduite à tenir : les Tories et une partie des Whigs (dont le leader est William Pitt, fils de Lord Chatham) sont contre les évolutions sociales alors qu’une autre partie des whigs est pour (celle qui suit Charles James Fox). Les intellectuels aussi sont partagés : Edmund Burke a soutenu les colons américains dans leur révolte contre la mère patrie mais s’oppose à la Révolution française dans son livre Reflections on the Revolution in France, Tom Paine continu à soutenir toutes les révoltes et le fait dans son livre The rights of Man qui lui vaut d’être expulser du royaume.
En 1793, l’avancée des armées françaises conduitent par Napoléon pousse l’Angleterre à se lancer en guerre de manière à stopper ce mouvement idéologique qui contamine l’Europe. Après de sévères défaites, l’amiral Horatio NELSON détruira la flotte française à Trafalgar et le général Wellington fera de même sur terre en Espagne et à Waterloo en 1815.
A partir de ce moment, le risque de voir l’Angleterre succomber aux sirènes de la Révolution Française n’ont pas diminués mais le mouvement révolutionnaire qui a embrasé l’Europe est terminé.

Charles Fox, partisan des idées de la Révolution française Charles Fox, partisan des idées de la Révolution française

William Pitt, opposant aux idées de la Révolution française William Pitt, opposant aux idées de la Révolution française

L'amiral Welson, vainqueur de Napoléon à Trafalgar en mer L’amiral Welson, vainqueur de Napoléon à Trafalgar en mer

Le duc Wellington, vainqueur de Napoléon à Waterloo en 1815 Le duc Wellington, vainqueur de Napoléon à Waterloo en 1815

21 octobre, 2007

Le XIX° siècle (1815 – 1914) : la Grande-Bretagne est au sommet de sa puissance, la démocratie se met en place avec l’essort de la politique et l’étendue de droit de vote, le WELFARE STATE apparaît.

La Grande-Bretagne est au sommet de sa puissance, elle fixe sa politique internationale autour de l’accroissement de ses richesses et de l’équilibre des pouvoirs en Europe : la Grande-Bretagne d’après 1815 sort grandie de sa victoire sur Napoléon. A présent, plus personne ne peut égaler ses capacités économiques (capacités et techniques de production, large réseau commercial, etc.) et sa puissance militaire (la plus grande flotte mondiale, des compétences militaires hors normes prouvées contre les armées françaises, des têtes de pont réparties sur tout le globe grâce aux colonies, etc.).
Le gouvernement britannique veut conserver cet avantage, pour cela il cherche tout d’abord à préserver l’équilibre des forces en Europe de manière à ce que celles-ci s’annulent entre elles : il encourage la reconstruction de la France pour bloquer l’expansion politico-économique autrichienne, il aide la Turquie à contrecarrer les avancées russes, etc.
De plus, le gourvernement recherche aussi à continuer d’accroître ses performances économiques et il veut contrôler tout le marché commercial mondial (sa flotte est partout et son empire s’est étendue avec les prises françaises durant les guerres napoléoniennes).

Le rôle du monarque britannique passe de gouverneur à celui d’icône nationale : la reine Victoria commence son règne en 1837 pour s’éteindre en 1901, c’est elle qui accompagne tout le royaume et ses réformes durant le XIX° siècle et qui, par son mariage avec le Prince Albert de saxe-Coburg, amène la lignée des Saxe-Coburg en Grande-Bretagne . Beaucoup de politiciens de l’époque pensent (et espèrent) qu’elle sera la dernière souveraine mais la Reine Victoria comprend que la monarchie doit s’adapter aux temps modernes (révolution industrielle, prise de pouvoir par les middle-class au détriment de l’aristocratie, etc.) et qu’elle n’est pas incompatible avec la démocratie qui se met en place progressivement en Grande-Bretagne. Elle lâche le pouvoir aux premiers ministres comme l’ont fait ses prédécesseurs depuis Robert Walpole mais évolue avec son temps (elle s’intéresse aux affaires courantes de son pays, aux évolutions techniques, etc.), elle va même plus loin en publiant en 1868 son journal intime « Our life in Highlands » dans lequel elle raconte sa vie et ses relations intimes avec le roi, ses enfants et ses servants. Ainsi, avec la reine Victoria, le rôle du souverain britannique est passé de celui de roi détaché du peuple et sans pouvoir (car cédé au premier ministre depuis R. Walpole) à celui d’icône de la nation.

La reine Victoria La reine Victoria en 1887

L’empire colonial britannique s’agrandit encore et prépare sa chute au XX° siècle : les politiciens britanniques reprennent à partir du XIX° siècle l’expansion coloniale qu’ils avaient arrêtée avec la guerre d’indépendance des Amérique à la fin du XVIII° siècle. Ils le font non plus pour des raisons marchandes comme ce fut le cas auparavant mais pour des raisons politiques : ils craignent pour la sécurité de leur empire (c’est une guerre préemptive). C’est pourquoi les armées britanniques interviennent en Turquie contre l’empire Russe pour bloquer l’avancée de ce dernier en 1854, se lancent dans une guerre en Afghanistan entre 1838 et 1842 toujours pour bloquer la Russie, prennent le contrôle du canal de Suez par la force lors de l’indépendance de l’Egypte, déclenchent les guerres de l’opium en attaquant la Chine en 1839 pour protéger la zone d’influence commerciale autour de l’inde (commerce de l’opium) et prétextent de la christianisation pour se partager avec les autres puissances coloniales européennes une partie de l’Afrique.
L’empire colonial britannique est aussi utilisé pour réguler la hausse de la démographie dans la mère patrie : la population augmente tant en Angleterre, Irlande, Ecosse et Pays de Galles que beaucoup d’offres sont faites à ceux qui acceptent de partir vivre dans une colonie (appropriation de terres).
Toutefois, cet afflux massif de population et la rancoeur que gardent les autochtones des massacres menés par l’armée britannique lors des colonisations mettent en péril la stabilité de l’empire. Pour la première fois, l’empire pèse plus qu’il ne rapporte à la couronne.

L'empire britannique en 1897 L’empire britannique en 1897

Le début du XIX° siècle est marqué par une crise sociale et des révoltes ouvrières nationales, la politique réformiste de Robert PEEL éloigne définitivement le spectre d’une révolution à la française : au début du XIX° siècle, le pays connaît une intensification des mauvaises conditions de vie des classes sociales les plus pauvres. Tout d’abord avec un chômage de masse (avec la fin des guerres napoléoniennes plus de 300’000 ouvriers perdent leur emploi du jour au lendemain car celui-ci était lié directement à l’armée), puis avec le développement des parish worhouses (c’est la première alternative aux expulsions causées par les enclosures mais ils sont sales, bondés, avec des journées de travail de plus de 12h et des familles divisées), puis avec l’explosion des populations urbaines (c’est la seconde alternative aux expulsions causées par les enclosures, l’exode vers les villes pour trouver un travail en usine) et enfin avec la hausse des prix du pain causée par la Corn Law de 1815 (loi qui voit augmenter le prix du blé avec la hausse de la démographie car les importations sont fortement taxées, ceci dans le but de protéger les exploitants agricoles de la concurrence européenne).
Les classes les plus riches ont peur de ce phénomène de paupérisation car il est source de révoltes et de remise en cause de l’ordre établi, les villes anglaises deviennent des zones dangereuses à cause de la misère qui y grandit. Les Whigs qui s’affrontent politiquement sur ce sujet avec les Tories profitent de leur prise de pouvoir en 1832 pour passer plusieurs lois afin de diminuer les tensions (dont la plus importante est The Reform Bill : la population urbaine grandissante est enfin prise en compte politiquement par un redécoupage administratif des votants, des villes comme Manchester sont enfin représentées dans la chambre des communes) mais les résultats sont peu fructueux et à partir de 1834 de grandes révoltes nationales des classes les plus pauvres apparaissent.
Deux phénomènes donnent les moyens aux classes populaires de mieux se défendre au début du XIX° siècle : en 1824 les salariés sont autorisés à se réunir en Unions et en 1840 le timbre poste à bax prix (1 penny, ce qui permet aux groupuscules de fomenter des mouvements de révoltes simultanément dans tout le royaume). Conséquences, en 1834 plus de 30’000 personnes se rassemblent à Londres pour défendre 6 ouvriers agricoles et en 1838 les radicaux, les unions et les travailleurs demandent la création de la People’s Charter (droit de vote pour tous les adultes, vote au secret, possibilité de devenir MP sans possession de bien, etc. ; cette demande a été annulée par les commons). En 1939, les émeutes se poursuivent avec l’exécution de 14 manifestants par les soldats du roi et ce n’est que grâce à l’arrivée de Robert Bob Peel en 1840 à la tête du gouvernement que les évènements s’atténuent (Peel est un Tory qui va à l’encontre des idées politiques de son parti politique à cette époque, il représente très bien le style politique de cette époque).
Robert Bob Peel réussit à ramener le calme en Grande-Bretagne en seulement 8 ans, il s’appuie pour cela sur deux politiques majeurs : (1) la suppression de la Corn Law de 1815 et (2) la création d’une police régulière pour lutter contre la délinquance urbaine, ce sont les bobbies de Sir Robert « Bob » Peel.
L’action de Sir Robert Peel est significative de sens car en abolissant la Corn Law de 1815 il signifie que le gouvernement privilégie pour la première fois les salariés (les non-possédants ou les classes sociales les plus pauvres) au détriment des grands agriculteurs britanniques (les possédants). En 1848, la Grande-Bretagne s’est totalement détachée du spectre de la révolution française, les monarques européens envient le roi anglais et le pays retrouve de la grandeur politique qu’il avait perdu avec la révolution française et la guerre d’indépendance américaine.

Sir Robert Peel, premier ministre Sir Robert Peel, premier ministre

Anti-corn low league Anti-corn low league

Victorian bobbies Victorian bobbies

Le système de gouvernance britannique s’articule autour du premier ministre, les partis évoluent avec les idées et la représentativité du parlement commence à se démocratiser, le droit de vote est étendu : les idées évoluent beaucoup au XIX° siècle en Grande-Bretagne. A titre d’exemple, en 1828 et 1829 il devient de nouveau possible pour des catholiques et des non-conformistes de rentrer au service de l’Etat et, en 1851, une enquête montre qu’il n’y a plus que 5.2 millions de personnes qui sont anglicanes contre 4.5 millions de non-conformistes et un demi-million de catholiques. Les politiciens comprennent alors que l’assouplissement des échanges commerciaux et la réforme sociale et politique du pays est nécessaire pour accélérer le développement des middle-class créatrices de richesses. On appelle cela du libéralisme et les whigs, qui sont les plus aptes aux réformes, prennent le nom de « Liberals », en opposition aux Tories qui deviennent les Conservatives.
La politique du XIX° siècle est aussi marquée par le renforcement du pouvoir du premier ministre : dans un premier temps vis-à-vis du monarque et dans un second temps contre son propre parti politique. De grandes figures, plutôt indépendantes de leur mouvement politique d’appartenance, apparaissent comme Lord Canning en 1823 (Tory, il utilise la marine pour endiguer le commerce espagnol notamment en Bolivie en soutenant Simon Bolivar), puis Sir Robert Peel et enfin Lord Palmerston de 1846 à 1865 (Liberal, qui prône le libre commerce et l’équilibre des pouvoirs en Europe qu’il concrétise par son aide à l’indépendance grecque). Il faudra attendre la nouvelle génération de politiciens avec Glastone et Bejamin Disraeli pour trouver une certaine forme de fidélité au parti d’appartenance.
Enfin, la vie politique britannique est quelques fois bousculée au XIX° siècle et se démocratise : la réforme de 1832 (prise en compte des populations urbaines dans les votes des MPs) fait augmenter le nombre de députés et fait évoluer le profil des MPs de propriétaires terriens à celui d’industriels ou de marchands, les actes passés entre 1867 et 1884 augmentent qu’en à eux le nombre de votants de 20 à 60% dans les villes et jusqu’à 70% dans les campagnes (il y a jusqu’à 650 membres dans la House of commons), puis, en 1872, le vote secret est enfin autorisé. Tout ceci conduit à la démocratisation et à l’accroissement du pouvoir de la chambre des communes au détriment de celle des Lords.

Dans les Counties, la gestion du pouvoir se démocratise : le pouvoir passe des mains des JPs à celles des Councils qui sont composés d’hommes et de femmes élues. Des postes d’administrateurs sont créees.

Les « Liberals » et le roi Georges V entreprennent les premières mesures sociales vers 1900, naissance du Welfare-State : toujours dans un esprit libéral, les libéraux cherchent à améliorer les conditions sociales des britanniques en votant plusieurs lois majeures qui seront les premières bases du « Welfare State« .
(1) En 1907, un programme de santé publique des enfants voit le jour par le biais des repas gratuits dans les écoles.
(2) En 1909, le « Labour Exchanges » est ouvert (sorte de bourse au travail).
(3) En 1911, création de la « national insurance » qui aide les malades et les chômeurs.
Toutes ces mesures n’auraient su voir le jour sans l’intervention du roi Georges V qui mit un terme aux blocages législatifs issus du parti conservateur par le biais de la chambre des Lords.

 

Le roi Georges V du Royaume-Uni Le roi Georges V du Royaume-Uni

La tentative de réforme des chambres conduit à la création du « Labour Party » en 1906 : les libéraux souhaitent supprimer la chambre des Lords qui n’est plus représentative à leurs yeux des réalités politiques de l’époque. La querelle entre les libéraux et les conservateurs aura deux conséquences.
La première, en 1906, sera la rémunération des MPs pour leur activité politique ; autrement dit, l’activité de député est désormais ouverte aux faibles revenus ce qui conduira à la création du Labour Party.
La deuxième, en1911, sera la perte de la gestion du budget par la chambre des Lords au profit de la chambre des communes ; en contrepartie, les Lords disposeront d’un simple droit de retardement de procédure. C’est le Parliement Act.

20 octobre, 2007

Le XX° siècle : le Royaume-Uni perd son statut de super-puissance, avec l’émergence de nouvelles idées politiques il devient une démocratie sociale.

La première guerre mondiale ou le traumatisme d’une nation qui influence la politique pour les décennies suivantes : la Grande-Bretagne est impliquée dans une guerre de 5 ans contre l’Allemagne en 1914 à cause de son alliance avec la France et la Russie. Plus de 750’000 de ses 5 millions de soldats tombent sur le champ d’honneur mais le gouvernement réussit à conserver la confiance de son peuple malgré ses pertes humaines en présentant cette guerre comme une défense des libertés et de la démocratie, la protection du faible (la Belgique) contre le fort (l’Allemagne).
En 1918, la défaite allemande contre les troupes américaines, britanniques et françaises conduit au traité de Versailles et à ses sévères punitions vis-à-vis de l’Allemagne (que l’économiste John Maynard KEYNES critique vivement et qui sont une des causes majeures de la seconde guerre mondiale).
Ce conflit majeur modifie le paysage politique à partir de 1918 et conduit à deux grands phénomènes. Tout d’abord, (1) le gouvernement lance des programmes de construction de logements et d’amélioration de l’éducation et de la santé pour les vétérans de la guerre. Puis, (2) le sentiment national s’articule autour du « plus jamais ça » qui guide la politique du gouvernement pour de nombreuses décennies (et conduit à des catastrophes comme l’entrée en guerre tardive contre l’Allemagne en 1939 alors que celle-ci est au sommet de sa puissance).

Image des tranchées pendant la première guerre mondiale Image des tranchées pendant la première guerre mondiale

La seconde guerre mondiale : les anglais ont été traumatisés par la première guerre mondiale, leur politique d’évitement de conflit les conduit en 1935 à ne pas prendre de mesures militaires dans le cadre de Société des Nations avec la France à l’encontre de l’Italie qui vient d’envahir l’Ethiopie. Pire, en 1938, lors de l’invasion des Sudètes par l’Allemagne, la France et l’Angleterre ne font toujours rien : le premier ministre britannique de l’époque, Sir Neville CHAMBERLAIN, signe même avec Adolphe Hitler une promesse d’arrêt des invasions par l’Allemagne qui ne sera pas tenue par cette dernière.
En 1939, après avoir manqué l’opportunité d’attaquer un ennemi plus faible quelques années auparavant, le Royaume-Uni est obligé de rentrer en guerre contre un III° Reich puissant qui vient d’envahir l’allié polonais. Les motifs sont les mêmes qu’en 1914 : protection de la démocratie, des libertés et du plus faible. Pendant cette guerre, la Grande-Bretagne subit de lourdes pertes : plus de 300’000 soldats sont tués et les nombreux bombardements allemands sur les villes font plus de 60’000 morts chez les civils.
En 1945, l’Allemagne est battue grâce à l’intervention de l’URSS et les USA. En 1947, les premières bombes nucléaires explosent à Nagasaki et à Hiroshima au Japon faisant 110’000 morts sur le coup et des milliers d’autres après, une nouvelle ère de dissuasion militaire commence.
Enfin, durant cette guerre une grande figure britannique apparaît, celle du premier ministre Winston CHURCHILL. Malgré les défaites militaires (retrait des troupes à Dunkerques, etc.) et les raids meurtriers sur Londres et les grandes villes anglaise, il réussit à mobiliser tout son pays qui pourtant est à genoux et à faire espérer une victoire aux britanniques.

Winston Churchill, premier ministre Winston Churchill, premier ministre

Le Royaume-Uni perd sa place de grande-puissance mondiale, il cherche sa place dans le nouvel ordre mondial : les deux guerres mondiales, la perte de son empire, la guerre froide mais surtout la crise du canal de Suez (intervention militaire des britanniques bloquée en 1956 par ordre américain lors de la reprise du canal par les Egyptiens) mettent en exergue la baisse de puissance de la Grande-Bretagne au XX° siècle. A compter des années 1950 les seules grandes puissances mondiales sont russes et américaines et, même si la Grande-Bretagne se targue de certaines avancées technologiques (création de la première centrale nucléaire, avancée technologique militaire en balistique, etc.), les britanniques ne peuvent plus prétendre dominer le monde et sont relégués au rôle de puissance moyenne comme la France ou l’Allemagne devant se soustraire à une plus forte.
Commence alors la quête d’une autre place dans ce nouvel ordre mondial. Le Royaume-Uni oscille après la seconde guerre mondiale entre une alliance atlantique avec les USA et une alliance continentale avec les autres pays européens. La difficulté qu’à cette monarchie démocratique de se positionner dans un camp ou un autre est souvent source de tension avec ses partenaires.
Tout d’abord avec l’Europe, le Royaume-Uni a toujours eu une vision mondiale de sa présence et pas vraiment régionale, il a aussi essayé de ne pas intervenir tant que possible dans les affaires continentales de l’Europe (si on fait exception des deux guerres mondiales ces seules interventions majeures ont été la guerre de cent ans et la guerre contre Napoléon en presque 1000 ans). Ainsi, c’est avec une certaine prévisibilité qu’il refuse de se joindre à la création d’une Europe commune en 1957 (bien que Churchill avait appelé à la création des « Etats-Unis d’Europe » après la seconde guerre mondiale). Il faut attendre 1973 pour que le Royaume-Uni intègre le processus européen et accepte de revenir à une échelle plus « locale », cependant sa participation reste ambigüe et il est souvent accusé de ne pas être paneuropéen.
Puis avec les USA, la Grande-Bretagne est souvent vue comme un allié fidèle de la superpuissance : ils ont une langue commune et ont par deux fois étaient alliés dans des conflits majeurs, de plus les deux pays font la promotion de valeurs partagées (démocratie, liberté de marchés, etc.) et plusieurs leaders britanniques ont beaucoup d’admiration pour le peuple américain (W. Churchill ou M. Thatcher). Enfin, les choix militaires (appartenance à l’OTAN, utilisation de la force de frappe nucléaire américaine au détriment d’une souveraineté nationale, participation aux guerres en Iraq, etc.) renforcent cette relation.

L’empire colonial se disloque, c’est la naissance du Commonwealth : le XX° siècle marque le glas de l’empire britannique et fait perdre au pays sa place de grande puissance mondiale. A cette époque beaucoup savent déjà que l’empire est compromis mais la question reste de savoir quand celui-ci éclatera. Il faut noter que les Etats-Unis d’Amérique s’opposent fermement aux colonies et que les tensions nationalistes sont de plus en plus fortes dans les régions colonisées. Les premières grandes tensions ont lieu en Inde dans les années 1920 et 1930 sous l’impulsion de Mahatma GANDHI qui mènent les troupes britanniques au départ sans violence en 1947. En 1956 le camouflet de l’épisode du canal de Suez rend la tâche de plus en plus dure aux britanniques et l’évolution des mentalités des citoyens à partir de 1965 mène à la self-gouvernance de plus de 500’000 colons dans le monde : Kenya, Chypre, etc. Contrairement à la France et à la Belgique, la décolonisation s’est faite relativement paisiblement grâce aux qualités des diplômâtes britanniques.
L’éclatement de l’empire britannique mène le gouvernement à prendre des mesures pour conserver les liens tissés avec les anciennes colonies et ne pas perdre les bénéfices d’un commerce lucratif, à ce titre il met en place le Commonwealth avec les anciennes colonies qui le souhaitent (organisation supranationale qui fait suite à l’empire Britannique et réunit des pays dans un but de coopération et de promotion des valeurs démocratiques, d’égalité, de liberté, etc. ; elle est dirigée par le monarque anglais et les pays restent libres politiquement sans obligation d’assistance mutuelle).

Drapeau du Commonwealth Drapeau du Commonwealth

Carte des pays membres du Commonwealth Carte des pays membres du Commonwealth

Une monarchie populaire : au XIX° siècle la reine Victoria a réussi à stabiliser la monarchie alors que le souverain avait perdu son pouvoir au profit du premier ministre, au XX° siècle le roi George V réussit à donner une nouvelle dimension au souverain en prolongeant le travail de la reine Victoria : celle du « roi du peuple » ou du « père du peuple ». Pour cela il multiplie les actes directes avec ses fidèles comme en assistant à la première coupe de soccer organisée ou en parlant directement à ses sujets par le biais de la BBC à partir de 1932. Elizabeth II poursuit actuellement cette politique.

La reine Elizabeth II La reine Elizabeth II

La poussée politique du Labour Party change le paysage politique au début du XX° siècle : le développement en 1874 des Trade Unions, la rémunération des MPs en 1906 et l’accès à l »élection des MPS étendu aux classes sociales les plus pauvres fait exploser le nombre de députés du Labour Party : en 1914 ils sont 29, en 1918 ils sont 57 et en 1923 ils sont 191.
Le Labour Party n’est cependant pas « socialiste » comme le sont d’autres partis de gauche sur le continent, il était plutôt de tendance réformatrice-centriste. En effet, même si beaucoup de ses supporters sont des ouvriers, le Labour Party conserve un nombre important d’électeurs radicaux qu’il ne veut pas perdre avec des idées et des discours trop socialistes.
Le positionnement gauche et centre-gauche du Labour fait perdre beaucoup d’électeurs au parti des Liberals qui, en 1924, a quasiment disparu (les autres électeurs, centre-droite, s’étant liés aux Tories devenus les conservateurs).

Développement du Welfare-State, naissance d’une démocratie sociale : à la fin des deux guerres mondiales tous les politiciens sont unanimes pour admettre qu’il y a des problèmes sociaux que l’Etat doit régler. Un virement politique général à gauche s’oppèrent ainsi après les années 1940 et les mesures sociales s’enchainent sans distinction à la demande des MPs du Labour Party ou du Conservative Party.
En 1944, le gouvernement met en place la gratuité de l’éducation secondaire. En 1946, le National Helth Service (traitements médicaux gratuits) voit le jour puis deux National Assistance Acts (aides financières aux nécessiteux : chômeurs, anciens, mères, etc.) en 1948. Le gouvernement mené par le Labour va même jusqu’à privatiser des entreprises pour prendre le contrôle de secteurs stratégiques : le contrôle des crédits avec la Bank of Scotland, l’énergie (acier, fer, …), les transports (chemin de fer et aviation). Près de 20% des entreprises sont nationalisées.
Ainsi à partir du XX° siècle, la Grande-Bretagne est devenue une démocratie sociale qui a vu son nombre de fonctionnaires explosé.

Le NHS, un levier du Welfare-State du royaume-Uni Le NHS, un levier du Welfare-State du royaume-Uni

La fin du XX° siècle marquée par la crise économique, le jeu d’alternance politique entre les conservateurs et le Labour Party : la crise économique mondiale qui marque la fin du XX° siècle accentue le contraste entre les théories des conservateurs (plus d’initiative privée, de valorisation et une identité nationale forte) et celles du Labour Party (plus de protection sociale). Toutefois, les querelles internes du Labour Party mettent au pouvoir en 1979 un gourvernement conservateur dirigé par Margaret THATCHER. Sa politique est marquée par un profond retour aux valeurs de droite britanniques (coupes drastiques dans les dépenses du Welfare-State, privatisation des grandes compagnies nationalisées, réduction des impôts, libéralisation des échanges et du travail, peu de négociations avec les Trades Unions et les indépendantistes, etc.) qui lui vaut le surnom de Dame de Fer mais le résultat est très mitigé : augmentation du chômage de masse (1.25 millions en 1979, 3 millions dans les années 1980, retour à 1.1 millions en 1989), augmentation du nombre des plus pauvres (12 millions en 1979 contre 16 millions en 1983), accroissement du fossé entre riches et pauvres (le Royaume-Uni est le pays où les inégalités sont devenues les fortes en Europe), insensibilité aux drames sociaux causés par les restructurations, guerres à l’étranger (les Malouines), transformation de l’économie britannique industrielle en économie tertiaire, etc.
Margaret Thatcher est reconduite plusieurs fois dans sa fonction avant de laisser la place à son adjoint John Major en 1990. Ce qui est surprenant c’est qu’elle a su s’attirer les votes des classes sociales les plus pauvres durant ses 11 ans de gouvernance.
En 1997, le Labour Party revient au pouvoir avec Tony BLAIR. La Grande-Bretagne revient doucement sur des choix plus sociaux : augmentation des impôts pour financer l’éducation et la santé, indépendance de la Bank of England pour contenir l’inflation, rapprochement avec l’Union Européenne, lancement d’un processus de paix en Irlande du Nord, etc.

Margaret Thatcher, premier ministre Margaret Thatcher, premier ministre

Tony Blair, premier ministre Tony Blair, premier ministre

Les droits des femmes commencent à être pris en compte : si le XIX° siècle a été le siècle qui a commencé à prendre en compte les plus pauvres politiquement, le XX° siècle est celui qui commence à s’occuper des femmes. Il faut rappeler que jusqu’à la fin du XIX° siècle les maris pouvaient légalement battre et enfermer leur femme à leur convenance (jusqu’en 1891), celles-ci n’existaient socialement que par leur mari et beaucoup de choses leurs étaient interdites.
En 1870, les femmes obtiennent le droit de voter et se présenter aux élections locales (boroughs) mais deux phénomènes bien particuliers leur permettent d’aller plus loin dans leur représentation en obtenant le droit de vote aux élections nationales en 1918. Tout d’abord, (1) l’apparition des « suffragettes » en 1897 : il s’agit de militantes activistes qui défendent la cause des femmes avec des méthodes extrêmes. Puis, (2) avec la première guerre mondiale et la baisse de main d’oeuvre masculine, les femmes ont pris une part importante dans la population active (en 1918 elles représentent 29% de la force de travail britannique).
La prise en compte des femmes ne passe pas seulement pas le droit de vote, elle passe aussi des changements de moeurs au XX° siècle : les vêtements changent pour devenir moins contraignants, l’alcool et la cigarette deviennent acceptés en public, etc.

Une ouvrière au travail à la chaîne en usine Une ouvrière au travail à la chaîne en usine

Suffragettes anglaises Suffragettes anglaises

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