31 octobre, 2007

Les CELTES et les invasions ANGLO-SAXONNES et viking (700AC – 1000) : passage du polythéisme au monothéisme, le christianisme s’installe avec l’Eglise romaine.

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Des druides et une religion polythéiste : les celtes sont polythéistes. Leurs prêtres sont des druides qui ne savent ni lire ni écrire mais se transmettent de génération en génération les rituels religieux, les lois tribales, l’histoire de la tribu, les connaissances en médecine et tout ce qui est important pour cette époque. Comme le druide transmet les lois de la tribu on en déduit qu’il a un rôle important dans la gestion de la communauté : le pouvoir spirituel influence donc le temporel.
Les druides se réunissent une fois par an dans des lieux saints issus de la nature (forêts, montagne, rivière, …). Pas de temple. Il semble que des sacrifices humains ont eu lieu pendant ces rituels sacrés.

Un druide Un druide

L’église romaine installe le christianisme en Bretagne au détriment de l’église celte : le christianisme commence à se répandre en Bretagne bien avant que Rome ne l’accepte comme religion dominante (IV° siècle), voire même avant l’arrivée des anglo-saxons. Dans un premier temps, elle fait plus de convertis chez les celtes que chez les anglo-saxons car ceux-ci restent fidèles à leur paganisme germain.
L’église celte est née, les évêques issus d’Ecosse, d’Irlande et du pays de Galles vont ainsi commencer à parcourir la Bretagne dans le but de convertir le peuple anglo-saxon.
La classe dirigeante quant à elle sera convertie par l’église catholique romaine. Il faut attendre l’an 597 pour que le pape Gregory le Grand envoie son moine Augustine à Canterbury (capitale du roi du Kent dont la femme, issue du continent, est déjà catholique) et 601 pour que celui-ci deviennent Archevêque de Canterbury. Son arrivée est un succès et plusieurs familles anglo-saxonnes se convertissent sous l’impulsion d’Augustine.
Toutefois, même si les églises celtes et romaines sont catholiques, elles sont très différentes. La première se veut l’église du peuple tandis que la seconde est intéressée par le pouvoir et l’organisation des terres de Bretagne. Le conflit explosera au VII° siècle sur le choix de la date de Pâque. En 661 au meeting de Whitby, le roi de Northumbria choisira de soutenir l’église romaine et par son choix contraint les représentants de l’église celte de se retirer, laissant la place nécessaire à l’église de Rome pour prendre le pouvoir.
Ce choix est avant tout économique et un gage de pouvoir pour les seigneurs anglo-saxons. Tout d’abord parce que les monastères sont sources d’activités commerciales et que les moines et évêques de l’église romaine qui sont issus du continent ont de bons contacts pour permettent aux anglo-saxons de mieux exporter leurs marchandises. Enfin, les représentants de Rome étant lettrés, il devient plus facile pour la classe dirigeante de s’instruire dans les monastères et de tirer parti de cet avantage (en enregistrant leurs domaines dans des archives et en confisquant ceux des paysans qui ne savent pas écrire par exemple).

Carte de la Bretagne au VII° siècle Carte de la Bretagne au VII° siècle

Le HAUT MOYEN-AGE : les pouvoirs se mélangent encore, les monastères permettent d’échapper à la misère et se développent.

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Le pouvoir temporel et le pouvoir spirituel se querellent pour prendre l’ascendant : la vie religieuse au XI et XII° siècle est très marquée par les luttes quotidiennes entre les papes et les rois d’Angleterre. Le pape affirme que le roi est responsable devant dieu et par conséquent que le Vatican a pouvoir sur lui ; en contrepartie le roi peut choisir ses évêques.
On retiendra l’épisode de l’assassinat de l’archevêque de Canterbury Thomas Becket en 1162 par son ami le roi Henry II.
Il est à noter que cette querelle fut beaucoup plus longue et larvée, il faut attendre encore plusieurs siècles avant que les deux protagonistes trouvent leurs places.

Le meutre de Thomas BECKET Le meutre de Thomas BECKET

L’organisation religieuse des villages dépend surtout des seigneurs locaux : les prêtres chrétiens des bourgs sont loin des préoccupations royales et pontificales. Ils sont nommés par les seigneurs locaux et l’église est souvent propriété de ce dernier car c’est lui qui l’a faite construire. Ainsi, même si l’église cherche à faire reconnaître son autorité sur les prêtres, ceux-ci restent au jour le jour plutôt dans le girond du pouvoir temporel.
Enfin, il faut noter que c’est à cette époque que l’église interdit progressivement aux prêtres de se marier.

Les monastères deviennent des lieux de refuge pour éviter la misère et des lieux de richesses : les familles pauvres ont du mal à nourrir toutes les bouches, c’est pourquoi il est devient de plus en plus d’être moine au sein des murs protecteurs d’un monastère que paysan dans les campagnes. Les monastères assurent d’être nourri tous les jours et apprennent à lire et à écrire à leurs membres. En 1066, l’Angleterre compte 1000 moines ; au début du XIV° siècle ils sont 17500.

Cathédrale de Winchester Cathédrale de Winchester

Le BAS MOYEN-AGE (XIV – XV°) : les dissidences religieuses naissent en Angleterre

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L’église catholique anglaise est contestée, des dissidences naissent : la cupidité et l’autoritarisme de l’église anglaise sont à leurs paroxysmes à cette époque, les évêques qui sont aussi seigneurs féodaux sont souvent encore plus durs que les hommes d’armes comme les comtes avec leurs serfs. De plus, les taxes religieuses sont mal vues car le peuple pense qu’elles soutiennent les efforts du roi de France dans sa guerre contre l’Angleterre puisque le pape se trouve à Avignon au XIV° siècle. Ainsi, dans un contexte où le sentiment national grandit, les envoyés du pape sont vite rangés du côté de l’opposant.
Il faut remarquer que lors de la révolte des plus pauvres en 1381, l’archevêque de Canterbury a été exécuté par la foule car il représentait à lui seul le pouvoir répressif mais aussi l’ennemi français. Toutefois, la plupart des évêques, prêtres, etc. restent fidèles au roi, pas au pape, car ils sont issus de familles anglaises et dépendent de la couronne pour l’attribution de leur place.
Dans ce contexte des mouvements religieux dissidents apparaissent, le plus connu est celui des Lollards (Lollardies) fondé par John WYCLIFFE un érudit d’Oxford. Ce dernier est très anti-clérical, il critique la richesse de l’église anglaise ainsi que ses représentants, il pense aussi que la bible doit pouvoir être lu par tous et c’est pourquoi il l’a traduit en anglais en 1396. Cependant le roi Henry IV, fils de Richard II, est un croyant fidèle au pape et en 1401 il fait exécuter tous les Lollards de son royaume.

Wycliffe donne sa bible traduite aux prêcheurs Lollards Wycliffe donne sa bible traduite aux prêcheurs Lollards

Les TUDORDS (1485 – 1605) : l’Anglicanisme s’installe, les pouvoirs temporels et spirituels sont réunis sous le roi, le protestantisme devient la première religion.

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La Réforme de l’Eglise britannique menée par Henry VIII ou le rattachement des évêques à la couronne anglaise : le roi Henry VII est avide d’argent, son père avait augmenté la fortune de la couronne anglaise en prenant les terres des nobles morts durant la guerre des roses, Henry VIII cherche à prendre celles de l’Eglise. A cette époque l’Eglise possède un domaine très important (l’un des plus gros du royaume) et est de plus en plus mal aimée par le peuple à cause de sa vie opulente. L’indépendance de l’archevêque de Canterbury et des évêques vis-à-vis des rois insupporte également Henry VIII : ce dernier n’a pas la main sur le Pape car les rois de France et d’Espagne sont beaucoup plus puissants que lui à l’époque et aussi beaucoup plus près. Henry VIII veut encore plus centraliser le pouvoir.
Il profitera de sa volonté de divorcer avec une de ses 6 femmes pour rattacher les évêques à la couronne d’Angleterre. En effet, en 1526, Henry VIII demande au Pape de divorcer de Catherine d’Aragon, nièce de Charles V roi d’Espagne, car elle ne peut avoir de fils mais le Pape, étant sous influence du roi d’Espagne, refuse. En 1531, Henry VIII décide passer outre cet interdit et réussi à convaincre l’archevêque de Canterbury et les évêques de se rattacher à lui. En 1534, l’Act of Supremacy est voté par le parlement et Henry VIII devient le chef de tous les évêques du royaume. A dater de cet acte, tous les rois d’Angleterre seront à la tête de l’Eglise anglaise, le pape n’a plus aucune autorité.
Henry VIII, avec l’aide de Thomas CROMWELL, fait alors usage du Domesday Book pour prendre le contrôle des taxes religieuses, il fait fermer 560 monastères et donnent leurs terres aux classes moyennes. Il fait cela pour récolter de l’argent mais aussi pour s’allier les classes marchandes et les propriétaires terriens, beaucoup de petits gentlemen farmers font fortune grâce à ça.
Il faut aussi noter que cette Réforme de l’Eglise n’a rien à voir avec l’arrivée du protestantisme : même si Henry VIII s’est détaché du pape il reste profondément catholique, il va même jusqu’à faire éxecuter les protestants qui ne lui sont pas fidèles. Il écrira un livre critiquant Martin Luther, félicité par le pape, qui s’intitule « Fidei Defender » (Defender of the faith ou F.D. que l’on retrouve encore sur les pièces de monnaie).

L’arrivée du protestantisme en Grande-Bretagne ou la menace d’invasion catholique pousse le peuple à se convertir : lorsque Queen Mary (la reine Marie), demi-soeur de Catherine d’Aragon et catholique, prend la tête du royaume après la mort du fils de Henry VIII, Edward VI, mort très jeune en 1553, le royaume reste composé majoritairement de catholiques (la grande partie du peuple) mais une part grandissante de la population se convertit au protestantisme (les plus riches car cette nouvelle religion accepte la richesse).
La position de la Reine Mary n’est pas simple car le royaume n’a pas connu de dirigeant féminin depuis 400 ans mais Mary commet plusieurs erreurs qui auront des répercutions ultérieurement. Tout d’abord, elle demande au parlement la permission d’épouser le roi catholique Philippe d’Espagne ce qui déplaît au peuple (sentiment national, risque d’annexion de l’Angleterre à la puissante couronne d’Espagne) et cause un soulèvement. De plus, elle fait bruler 300 protestants en cinq ans, ce qui envenime encore plus la querelle entre catholiques et protestants. Mary meurt en 1558.
Elisabeth I, demi-soeur de Mary et protestante, prend la tête du royaume car il n’y a plus d’autre descendant des Tudors en 1558. Elle veut faire se réconcilier les anglais entre eux sur la question religieuse et réussit en 1559 à faire admettre les protestants à deux conditions : (1) que ceux-ci restent plus proches des catholiques du royaume que des autres protestants du continents, (2) que le monarque reste le seul maître de l’Eglise. Elisabeth I entreprendra de multiples réformes comme l’utilisation des parishs (organisation territoriale de l’Eglise) comme découpage administratif du royaume, l’obligation d’aller à l’Eglise tous les dimanches sous peine de sanction et enfin la ré-écriture des sermons de messe considérant l’attaque au roi comme un pêchet. Ainsi, l’Eglise et ses représentants sont devenus font maintenant entièrement parti de la machinerie d’Etat, pouvoir et religion sont confondus. C’est l’Anglicanisme.
Enfin, le protestantisme anglais prendra pied complètement en 1585 avec l’exécution de Mary Queen of Scots en 1587. En effet, La reine Mary d’Ecosse (différente de la reine Mary d’Angleterre décédée en 1558) se réfugie en Angleterre car elle est persécutée dans son royaume d’Ecosse (cf. partie sur Wales, Scoland & Irelande) mais elle présente un risque interne au Royaume pour Elisabeth I car les nobles catholiques anglais voudraient remplacer la reine prostetante par une catholique, Elisabeth I prend donc la décision d’enfermer Mary Queen of Scots en prison. Toutefois, la menace d’invasion espagnole (pays catholique) qui voudrait annexer l’Angleterre et prendre la défense de la reine Mary, plus la décision de Mary de nommer Philippe d’Espagne comme son successeur conduit Elisabeth I à faire exécuter Mary de manière à couper court à la menace d’invasion espagnole ou de voir la couronne écossaise partir aux mains de l’Espagne. Le peuple anglais se joint à la reine Elisabeth I devant la menace grandissante espagnole, le catholicisme devient synonyme d’assaillant à la nation et le peuple se convertit petit à petit au protestantisme.

28 octobre, 2007

Les STUARTS (1605 – 1700) : l’apparition de divergences religieuses exprime des idées politiques nouvelles et crispe les relations entre le roi et son peuple.

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Charles I ne respecte pas le puritanisme, la religion montante des classes moyennes fortunées, et veut contraindre la Kirk à suivre le modèle anglais, les tensions sur la question religieuse sont vives entre le peuple et le roi : le puritanisme, une nouvelle tendance religieuse hostile à l’anglicanisme et appréciée des créateurs de richesses et MPs, voit le jour sous les Tudors mais prend son essor sous les Stuarts. James I a su la tenir éloignée durant son règne mais Charles I commet des erreurs, notamment celle de nommer William LAUD, un anti-puritain convaincu, à la tête de l’archevêché de Canterburry et finit par se mettre le peuple à dos.
Tout d’abord, Charles I se marrie avec une catholique et son allié, William LAUD, veut revenir à certaines pratiques catholiques. Tout cela crispe le peuple car le catholicisme est devenu depuis longtemps dans l’inconscient collectif une forme (parmi d’autres) de menace pour le pays. De plus, beaucoup de MPs sont devenus puritains ou sont sympathisants et voient d’un très mauvais oeil ce choix à caractère autoritaire du roi car il fait sous-entendre que la couronne ne veut pas d’un assouplissement de la religion.
Enfin, Laud et Charles I souhaitent que la Kirk se plie aux règles anglicanes et pour cela nomme des évêques rattachés à la couronne (pour rappel, l’Eglise écossaise est plus libre que l’Eglise anglaise, elle ne possède pas d’évêques soumis au roi et s’autogère autour de la foi et non du pouvoir). A cette fin, ils introduisent un nouveau livre de prière en 1637 mais cela conduit à une résistance nationale. Face à l’armée écossaise et n’ayant pas eu le soutien du parlement pour financer une nouvelle guerre (car les MPs défient l’autorité du roi sur la question religieuse), Charles I accepte en 1638 la liberté religieuse des écossais et paye même un tribut pour fair repartir les troupes vers le nord.

Le roi Charles I Le roi Charles I

William Laud William Laud

Le puritanisme séduit les classes moyennes, c’est l’époque des grandes migrations religieuses vers les Amériques (Mayflower) : cf. partie « vie quotidienne, culture ».

Cromwell et les Levellers (puritains) Cromwell et les Levellers (puritains)

Le XVIII° siècle (1700 – 1815) : la religion aide le gouvernement à éviter une révolution à la française.

John Wesley lance le « methodism » religieux et sauve peut être la Grande-Bretagne d’une révolution à la française : dans la deuxième partie du XVIII° siècle une partie grandissante de la population devient prolétaire et doit partir chercher du travail dans les usines ou chez les grands propriétaires terriens ce qui conduit la majeure partie de la population à une certaine forme de détresse (si ce n’est physique c’est au moins morale). L’église d’Etat, l’Anglicanisme, prend le parti de dirigeant et se détache chaque jour un peu plus des problèmes des plus pauvres.
C’est John Wesley qui réussit à réconcilier les plus pauvres avec la foi en créant le mouvement du « méthodisme ». Celui-ci est basé sur la condition social des plus pauvres (un peu comme le firent les Quakers avant) et sur la dignité humaine, il donne un sens aux maux de la société et permet aux plus pauvres de mieux accepter les injustices. Wesley a réussit à ouvrir plus de 360 chapelles méthodistes sur toute l’Angleterre en quelques décennies seulement, essentiellement dans les grandes villes industrielles (là où la misère sociale est la plus grande).
Bien qu’il soit un conservateur convaincu, il a probablement réussit à sauver la Grande-Bretagne d’une révolte des plus pauvres à la française. 

John Wesley John Wesley

Le XIX° siècle (1815 – 1914) : le nombre de croyants décline au global, les religions non-conformistes prennent le dessus.

Les religions non-conformistes se développent au détriment de la religion d’Etat : l’Anglicanisme est la religion d’Etat depuis Henry VIII au XVI° siècle, elle est très liée aux propriétaires terriens (aristocratie, gentry, etc.) et reste figée sur un pouvoir donnée exclusivement au upper-class. Avec l’essor des middle-class au XVIII° siècle pendant la révolution industrielle, la part de fidèles de l’Anglicanisme diminue significativement au profit des religions non-conformistes (car c’est une religion beaucoup plus proches des middle-class, plus ouvertes sur la question de la répartition du pouvoir). En 1851, une enquête montre qu’il n’y a plus que 5.2 millions de personnes qui sont anglicanes contre 4.5 millions de non-conformistes et un demi-million de catholiques.  L’église perd son influence car elle est loin des problèmes quotidiens de ses fidèles : à la fin du 19° siècle, seulement 19% des Londoniens va encore à l’église (10% de nos jours). Ceci est dû à plusieurs raisons : (1) les gens quittent les villages pour aller dans les villes où il est plus facile de ne pas assister aux offices, (2) les religions ne sont soulagent plus les croyants dans leurs misère quotidienne car leurs discours s’en éloignent et (3) finalement, ne pas aller à la messe c’est montrer qu’on ne cautionne pas une église qui fut proche du pouvoir (voire le pouvoir lui même) pendant plusieurs siècles. 

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